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13/11/2017

DÉLICIEUSEMENT SURANNÉ

au magma présent de l'écriture,

 

 

DÉLICIEUSEMENT SURANNÉ

 

Un jour, nous prenons conscience

Qu'une année de vie va s'ajouter

Aux maintes autres déjà vécues.

 

Mais en quoi cela t'interpelle-t-il?

Il n'est qu'à constater à quel point

Tu as gardé l'agilité intellectuelle

Nécessaire pour rejeter en bloc

Chaque proposition nostalgique

Préférant arborer un sourire serein.

 

Confirmons que l'âge s'installant

T'offre la prééminence privilégiée

D'un esprit généreux et rasséréné,

Allégé de la hantise des apparences.

 

Cela pourrait être bien, non?

De conserver jusqu'à toujours

De la flamme et de la passion?

De s'offrir le luxe inouï de se parer

D'idées lunaires, d’exquises manies

Et d'envolées irrésistibles plongées

Dans l'irrationnel le plus séduisant,

Pour entrevoir la fluidité et le plaisir

D'un univers délicieusement suranné?

 

P. MILIQUE

12/11/2017

COMBAT MAJEUR

au magma présent de l'écriture,

 

 

COMBAT MAJEUR

 

La vie sur terre est un combat majeur

Mené à la crête de frontières mouvantes.

 

Mais à toujours écorcher davantage la pierre

A grands coups d'exubérance et de fougue,

Jaillit une évidence stupéfiante de réalisme:

Nous ne sommes de fait que poussière en sursis.

 

Et l'on se heurte, haineux, à l'énigme de l'absurde.

 

P. MILIQUE

 

 

11/11/2017

BRUTALE REVELATION

au magma présent de l'écriture,

 

 

BRUTALE REVELATION

 

Je trimballe mes états d'âme partout avec moi.

Ils sont ainsi, au fil d'un quotidien qui se répète,

Les mêmes obsessions démesurément délirantes.

 

Comment me débarrasser du poids

Terrifiant des douleurs ordinaires?

Comment approcher au plus près

Des arcanes subtiles qui soufflent

Un essentiel d'évidence primordial?

 

Quand le regard se perd en quête

D'horizons neufs, et qu'apparaît,

Brutale révélation, l'inacceptable,

Il ne me reste plus qu'à m'abîmer,

Plume la première, dans l'encrier

De la vie, pour une ultime noyade.

 

P. MILIQUE

10/11/2017

ABSORPTION

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ABSORPTION

 

Il faut posséder un état de dextérité vraie

Pour consentir au plus que nécessaire

Et restituer sans retard le rayonnement

Sous une forme plus aboutie.

 

Mais les mots restent souvent trop abstraits,

Trop lourds et dépourvus d’esprit,

Qui se réfugient dans l’impossible repos

D’heures affreuses et d'obscures douleurs.

 

P. MILIQUE

09/11/2017

RESONANCE INFINIE

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RÉSONANCE INFINIE

 

Sommes-nous donc destinés aux destins chaotiques?

 

Un jour les lumières se font un peu hésitantes,

La clarté se couvre d'ombres saumâtres

Donnant à la vie une dimension douloureuse.

 

Les liens humains essentiels ne sont plus que ruptures

Et nous précipitent avec la régularité d'un métronome

Dans une suite ininterrompue d'interrogations.

 

Et l'on se retrouve irrémédiablement projetés

Dans les affres fielleux du mal-être ordinaire.

 

Et pourquoi cela?

 

La plupart des mystères ont pour vocation

De n'être jamais vraiment résolus, mais l'on sait,

Que le temps venu du désenchantement ultime

Est parfois promesse d'aube enchantée.

Une sorte de porte ouverte sur le futur.

 

Alors, il devient urgent d'aimer la vie.

Et, plus encore, à continuer d'aimer aimer

Pour que résonne jusqu'à toujours

Le rire-cascade, le rire-cristal

Qui, enthousiaste, fait briller le soleil.

 

P. MILIQUE

08/11/2017

TOI

au magma présent de l'écriture,

 

 

TOI

 

Amour, sais-tu combien il m'est essentiel

De partager ces instants d'intense privilège,

Cet ultime bien-être d'être en ton osmose?

 

Tu es là, présente, lumineusement accueillante,

Et nos mains entrelacées en attestent l'évidence,

Tandis que nos regards noyés contemplent la magie,

Le précieux de l'unique, sûre de se créer du souvenir.

 

 

Amour, sais-tu combien il m'est essentiel

De partager ces instants d'intense privilège,

Cet ultime bien-être d'être en ton osmose?

Sais-tu que je me surprends à me scruter t'aimer?

 

 

P. MILIQUE

07/11/2017

SEMELLES DE RÊVE

au magma présent de l'écriture,

 

 

SEMELLES DE RÊVE

 

L'écriture s'avère douloureuse et offerte en gerbe de fleurs,

Enrichie au naturel de pépites de beau en leur somptueux écrin.

 

Aube fébrile, promesse d'un jour d'éternel recommencement,

Brillante parure d'un lendemain ravi de l'heure retrouvée.

 

Chaque goutte de rosée contient l'infini frémissant qui naît

Dans le feutré chuintant des semelles d'un rêve déterminé.

 

 

P. MILIQUE

06/11/2017

REPETITION

au magma présent de l'écriture,

 

 

REPETITION

 

Le cadran solaire demeure le seul dispositif naturel

A ne pouvoir être avancé, ni retardé, par l'homme.

 

Il est complice d'une vie qui coule ses heures, nos heures,

Sous la menace d'une ombre qui progresse à l'inexorable.

 

Pourtant, désinvolte enveloppé dans son étrange habit d'ambiguïté,

Le temps ne s'autorise à se mouvoir qu'en la seule présence du soleil

En un irrémédiable suspendu à l'aléatoire d'une grisaille en suspend

Qui dirigerait donc nos existences si elles devaient ne s'affranchir

De leur légitimité sur cette Terre qu'en présence de rayons dardés?

 

L'ancestral cadran solaire se révèle être une singulière création

A fantasmer pour ne pas vieillir, à combiner pour ne plus souffrir.

 

D'ailleurs, rêver n'est sûrement pas l'option la plus tranquillisante

Puisque celle-ci porte en elle la menace d'effectuer un rêve délétère.

 

Peut-être conviendrait-il mieux de juste s'absenter

Comme sait le faire l'ombre diaphane et subreptice

Jusqu'à l'endroit où le jour infini dure toute la nuit.

 

Il est tellement aimable ce solaire cadran qui lentement,

Sans tic-tac ni autre bruit incongru scande, métronome,

Le moment nébuleux où l'ombre intransigeante progresse.

 

Cette pensée capitale, fruit d'une errance feutrée et réflexive,

Parfume l'évidence de capiteuses fragrances interrogatives:

Le muet, l'inaudible parfait né de l'absolue présence solaire

Est, a bien y penser, comme une amère absence au monde

Au centre d'un environnement personnel tendu de vacarme.

Image magnifique et suggestive qu'il est apaisant de concevoir.

 

 

P. MILIQUE

05/11/2017

PERCEPTIONS POSTHUMES

au magma présent de l'écriture,

 

PERCEPTIONS POSTHUMES

 

A force du manque de dimension emblématique,

Il n'est plus rien d'autre que cette terne facilité

Ne procurant que désintérêt notable et lapidaire.

 

Dégénérescence et disparition navrantes

D'une esthétique somnambule et fondatrice

Appréhendée en tant que magnifique avatar.

 

Décadence poétique et archétypale

De certaines perceptions posthumes

Aux sulfureuses volutes crépusculaires.

 

P. MILIQUE

04/11/2017

CONCISION FRAGMENTAIRE 59

concision fragmentaire.jpg

 

CONCISION FRAGMENTAIRE

59

 

 

Les murs s'épaississent

Au creux de ma mémoire.

Vont-ils finir par s'écrouler

Sur ta singulière présence,

La seule que je veuille emporter

Jusqu'au bout de mes pensées?

 

P. MILIQUE

03/11/2017

MESSAGERIE

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(Sollers nous propose sept pages du manuscrit de son dernier livre Fleurs)

 

 

MESSAGERIE

 

J’ai transmis au centre d’élaboration des messages

 La fière pauvreté de mes mots.

 

 Manifestation non équivoque, évidente, décisive,

 Du constat de l’impossibilité flagrante existant

 Dans la transcription spontanée de ma pensée,

 Dans l’explosion illusoire d’une création poétique.

 

 Il ne me reste plus alors, contrarié,

 Qu’à exprimer avec la plus grande précision

 L’existence obstinée de mes marges discordantes.

 

 P. MILIQUE

02/11/2017

LA PEUR DE SOI

au magma présent de l'écriture,

 

 

LA PEUR DE SOI

 

C'est avec un réalisme halluciné mâtiné de mélancolie

Que s'expose, avec une crudité d'une violence inouïe,

Cette misère matérielle que chacun suppose potentielle.

 

Il arrive que cette pauvreté soit à hurler de douleur

Tant il arrive d'être pauvre de tout ce que les autres

Ne prennent même plus la peine d'offrir en échange.

 

Il faudrait parvenir à s'affranchir

Une fois pour toute et tout d'un bloc,

De l'intégrité pesante de nos certitudes,

Celles-là mêmes qui exacerbent la peur

Manifestement sur le point à s'échapper

D'un quelconque sentiment d'infériorité

Qui n'est autre que la peur de soi-même!

 

Dès lors, il est indispensable de repousser avec fermeté

Ce qui n'a pas encore racine dans ce que l'on est devenu.

 

 

P. MILIQUE