19/04/2014

VOYAGE INITIATIQUE 2

au magma présent de l'écriture

 

A l'attention des multiples lecteurs qui arpentent, à juste titre il va de soi, ce lieu modeste certes mais, reconnaissez-le, pas loin d'être génial, cette histoire qui va débuter là sous vos yeux va être fractionnée -- confort de lecture oblige -- en autant d'épisodes qu'il sera nécessaire.
Il suffira donc aux autres, tout aussi nombreux, qui la prendront en cours de narration, de remonter (si cela leur dit mais comment en douter) le fil du temps récent pour en identifier le fil géniteur...

 

VOYAGE INITIATIQUE

2

 

Dans la paix distendue d'un cœur de nuit, j'aime à la mettre en phrases.

Rien de magistrale non, mais des phrases chargées de la vie des mots

Et il me faut tout de même faire preuve d'une sacrée audace pour cela.

Car le risque lié au retour à la source est là qui guette, tapi dans la plume,

Tout comme celui d'en trop forcer le trait jusqu'à la désolante caricature

D'un homme fragilisé au cœur d'un quotidien qui n'a rien de quotidien.

 

Allusions corrosives et réitérées mettant en scène le monde contemporain?

Humanisme de pacotille qui ne fait qu'entretenir un romantisme d'illusion?

Faible luciole se frayant un chemin dans la noirceur nauséeuse des heures?

 

Et pourtant, toujours les mêmes pensées lancinantes et obsessionnelles

Prenant souvent au fil de l'accessoire la forme lasse de litanies et de clichés,

Improbables boutures d'infini extraites de l'effiloche du trop et du rien

Dans l'instinctive méprise à fixer les vertiges sensibles qui me heurtent.

 

(A SUIVRE...)

 

P. MILIQUE

18/04/2014

VOYAGE INITIATIQUE 1

au magma présent de l'écriture

 

VOYAGE INITIATIQUE

1

 

Quel archaïsme tenace peut-il bien justifier

La transmission de mes lignes mal maîtrisées?

Comme si je n'étais pas certain de leur inintérêt,

De la médiocrité prétentieuse de leur insignifiance.

Leur simple lecture suffit à en consacrer la nullité.

 

Nonobstant l'évidence, l'inconscience subsiste et persiste,

Tandis que l'écriture me procure encore un plaisir infini.

Le vrai est qu'il ne me reste plus que les séquelles affirmées

De l'amnésie organique et chaotique du passé très récent.

C'est un peu comme si cette traversée douloureusement sèche

S'était transformée en une sorte de nouveau voyage initiatique,

Mystérieux et fascinant jusqu'en son intime tréfonds à cœur ouvert.

Même si ce passé-là respire toujours, organique à travers moi.

 

J'éprouve désormais l'urgente nécessité de me réapproprier l'existence.

(A SUIVRE...)

 

P. MILIQUE

17/04/2014

AU CENTRE D'UN RIEN

souffrance psychologique.jpg

 

AU CENTRE D'UN RIEN

 

Certaines lignes ploient sous tant de souffrances...

Ce sont des lignes qui conversent au cœur de la nuit,

Éléments déchaînés de visions acides et cinglantes.

 

Elles livrent la pulpe quotidienne de sa vie telle qu'elle est

Et non telle qu'elle se donne à voir à des yeux étrangers.

Elles disent l'ultime de la mort-maladie, de la mort-décision.

Et il se sent humilié par ce qu'il traduit en échec personnel.

 

Il en est ainsi chaque fois que l'on doit se séparer de quelqu'un,

Chaque fois que l'on perd ou qu'on nous arrache quelque chose.

Mais il est chair de vie et celle-ci inclut la douleur, n'est-il pas?

 

Nul ne sait vivre sans souffrir, et c'est souffrance que de subir

Tant nous avons d'immenses besoins, terriblement écrasants.

On peut imaginer qu'elle est nécessaire à combler l'univers limité

Où s'éprouve la peur de s'égarer au cœur d'un vide, au centre d'un rien.

 

S'engage alors un terrible combat contre soi-même,

Probablement le plus vif et le plus complexe de tous.

Et d'évidence, c'est bien celui-ci qu'il s'agit de gagner.

 

P. MILIQUE

15/04/2014

CHIMÈRES EFFONDRÉES

au magma présent de l'écriture,

 

CHIMÈRES EFFONDRÉES

 

Être à l'affût d'un geste, aux aguets d'une attitude,

Qui restituera les lueurs crépusculaires

Dans la reddition des corps et l'amertume des cœurs

Parcourus d'un feu qui refuse de s'éteindre.

 

Mais la dalle des possibles doucement se lézarde,

Et l'obscure et folle terreur d'une fusion des extrêmes

Tisse serré une sorte d'intimité brève et singulière

A cet étourdi désœuvré au bord d'une folie

Déployant l'ample nausée et les frissons.

 

Aux marges incertaines de la convulsion

C'est comme le testament d'un rêve déchu

Qui approche feutré sur la pointe de l'âme.

 

Dans l'incertitude requise au plus près d'une temporalité chaotique

Malgré les chimères effondrées en oripeaux

Exultant l'intenable arriéré de l'espoir,

L’être se nourri encore à la substance explosive de la vie

 

P. MILIQUE

14/04/2014

DANS UNE LARME DE MOTS

au magma présent de l'écriture,

 

DANS UNE LARME DE MOTS

 

Pour écrire dans l'instant,

Il convient d'interroger le présent,

Et d'utiliser son talent de scrutateur avisé

Pour observer le visage défait d'un être à la dérive.

 

C'est ainsi qu'il parviendra, d'une plume cœur à cœur,

A saisir le vif de cette détresse

Et la mettre à l'abri d'une larme de mots.

 

Tout au long de sa vie besogneuse,

Il a inauguré chacune de ses journées,

A retravailler la chair de ses poèmes.

 

Désormais, sur de modestes feuilles volantes,

S'appuyant sur une langue volubile,

Le texte prend corps en touches distillées

Et propose en retour de précieuses couleurs.

 

P. MILIQUE

13/04/2014

DIABOLIQUE MALICE

au magma présent de l'écriture,

 

DIABOLIQUE MALICE

 

Intelligent et déraisonnable manipulateur,

Il exploite l’intarissable filon

D'habiles et puissants piments poétiques.

 

Il en joue avec une malice diabolique

Pour l’accabler charnellement

D’un amour profus et malvenu,

Donnant au mythe une dimension supplémentaire

Jusqu’à ce que la méprise enfin démasquée

Régresse dans le repentir et disparaisse à jamais.

 

P. MILIQUE

12/04/2014

ESTHÉTISME DE LA SENSATION

au magma présent de l'écriture,

 

ESTHÉTISME DE LA SENSATION

 

C’est un homme impliqué dans de nombreux projets

Qu’il entend bien mener jusqu’à leur aboutissement.

Il n’est de toute façon pas homme à renoncer à ses rêves

Et puis les chênes n’ont pas pour vocation de capituler.

 

C’est un homme heureux d’un bonheur vif et inespéré

A la vie parfois démesurée en ses multiples chatoiements

Tant il arrive que les corps et les âmes parviennent à se sublimer

Dans l’articulation essentielle d’une esthétique de la sensation.

 

Une fois placé sous le signe de l’amour fou qui nous affame,

Une fois mis en sympathie avec l’exégèse des réminiscences

Et celle des impressions, s’impose avec force l’enchantement

D’un échange tendu d’absolu, illuminé de reflets réciproques.

 

C’est pur bonheur, oui, que de posséder encore en son tréfonds

Ce don d’émerveillement qui, même s’il apparaît souvent comme

Étrangement éthéré, approuve la vie dans son admirable candeur.

 

Envisager l’amour comme lieu d’abolition de l’ailleurs est vraiment

La meilleure des choses qu’il puisse nous arriver. Chacun est libre

En ces pures circonstances de moduler à sa guise ses sables mouvants.

 

La vie n’est qu’orientations floues d’où il faut extraire le nord intime.

 

P. MILIQUE

11/04/2014

JE ME REPROCHE 33

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JE ME REPROCHE

33

 

Je me reproche

D'accumuler sans pudeur aucune

Une foultitude de blagues,

De persiflages, de pirouettes,

D'allitérations et de néologismes,

Sans bien sûr omettre

Les métaphores extravagantes

Et les calembours indignes.

10/04/2014

ÉCRITURE ARTICULÉE

au magma présent de l'écriture,

 

ÉCRITURE ARTICULÉE

 

Il éprouve un désir de plus en plus soutenu

A ne jamais simplifier son écriture...

 

Elle est étrange cette présence au monde,

Musique suave d'idées et de mots,

Mystérieuse et obscure faconde d'un mode d'expression

Et sujet d'étonnement à l'enthousiasme contagieux.

 

Il convient parfois de recourir

A des phrases lourdes et hyperboliques,

Particules subjectives à l'évidence partiale.

 

Cependant, il est important d'éviter le pathos vulgaire,

De dramatiser l'expérience des situations paradoxales

En extirpant l'esprit structuré de la fleur d'illusion

Et, pour mieux dire, à tout le moins autrement,

Se dévouer à une écriture objective et articulée,

Faire corps avec le réel, aspirer à donner vie au monde

Et destiner le bref étranglement d'une interrogation

A la seule quintessence qui vaille:

Existentielle et poétique.

 

P. MILIQUE

09/04/2014

FIÈVRES PERNICIEUSES

au magma présent de l'écriture,

 

FIÈVRES PERNICIEUSES

 

Espace indéfiniment saturé de vibrations immobiles

Dans la stupeur grandissante d’images brouillées

Aussi fragiles que vulnérables éthers....

 

Dans les ruines probables d’un désastre annoncé

Fermente le souffle éphémère de fièvres pernicieuses

Qui, dans l’inéluctable d’une dérive maussade

A jamais taillée pour le malheur avide,

Considère le voile subtil et pervers qu'exhibe

L’absolue souveraineté d'une souffrance en acmé

Dans l’indifférence cruelle de l'excoriation.

 

P. MILIQUE

08/04/2014

FLAMMES DÉFINITIVES

au magma présent de l'écriture,

 

FLAMMES DÉFINITIVES

 

Subir l'épreuve d'une extinction suffocante et lumineuse

Parce qu'incapable d'enrayer un tant soit peu le mystère

Pas plus que de saisir les multiples instantanés de l'étrange....

 

Finir par constituer le paysage fragmentaire

Qui saura désamorcer le début de fascination

Sans laminer l'identité propre aux individus

Au varié des jeux de lumière qui hantent le quotidien...

 

Il est là pour vivre et amplifier son expérience personnelle,

Et d'un regard brûlant, fixer l'indispensable actif

Avant que d'autres flammes ne le réduisent en cendres.

 

P. MILIQUE

07/04/2014

LA CHAIR ÉCORCHÉE

au magma présent de l'écriture,

 

LA CHAIR ÉCORCHÉE

 

 

Le compte à rebours a commencé, mortellement épuisant.

 

L'individu n'est pas injuste parce qu'il a décidé de l'être,

Simplement il le devient parce qu'il a besoin de l'être.

 

Alors, il retrouve le chemin acéré de sa mémoire:

Ce n'est pas un endroit de chimères et de fantasmes

Où l'intime serait dépouillé de toute singularité,

Plutôt un couloir de somnambules séparés par d'intolérables distances

Au cœur même d'un espace occupé par des éclats de banal.

 

Il lui faut agir de manière quasi organique

Avec de petits espace-temps saturés de quotidien

Et tourner autour de l'émotion avec pudeur.

 

Il s'agit là d'un engagement qu'il perçoit vital

Et le place rudement face à des responsabilités.

Elles lui sont signifiées d'un regard stupéfait par le genre humain

Qui ravive l'encore exacerbé d'un fléau d'inquiétude.

 

Désormais le temps n'est plus rempli que de remords

A ne plus voir la chair écorchée pour atténuer ses tourments

Comme autant d'abris pour les marges extérieures.

 

P. MILIQUE