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25/04/2013

CHRONIQUE DE PHILIPPE MEYER : 22.04.2013

 

CHRONIQUE DE PHILIPPE MEYER 

22.04.2013

SUR LE FIL DU MARGINAL

au magma present de l'ecriture,francis lalanne,

 

SUR LE FIL DU MARGINAL

 

Ces mots sont tellement de ceux qu'il écrit,

De ceux dont il prétend connaître la musique

Parce qu’ils sont ceux de ces atmosphères singulières

Qu'il sait mettre en place comme personne.

 

Dans les phrases, on le perçoit d'emblée,

Rien n'entrave l'évidente vérité de l'imaginaire.

Tout peut se dire lorsque s'égrène l'intégral,

Au point qu'aucune plainte non étouffé ne subsiste.

Le monde en est comme abruptement outragé

Dans la dignité qu'il feignait de posséder encore,

Meurtri, d'une blessure qui jamais ne cicatrisera.

 

Nous voilà en présence d’une écriture luxuriante

Qui fouille avec précision l’irréel suggéré en creux

Et s’adresse aux ténèbres à là, à portée de mort.

Elle ne saurait en effet manquer plus longtemps

L’opportunité offerte de devenir la relation au monde

Tandis que le quotidien s’obstine à entamer le crépuscule

D’un dialogue singulier avec la violence ordinaire de la vie.

 

Lorsque tout s’écrit ainsi aux flammèches du possible,

Sur l’étroit fil du marginal aux couleurs d’exclusion,

C’est la chair même des mots en guerre qui fascine.

 

P.  MILIQUE

24/04/2013

CHRONIQUE DE PHILIPPE MEYER : 19.04.2013

 

CHRONIQUE DE PHILIPPE MEYER 

19.04.2013

Michel DEGUY : "IL Y A DONC DEUX CHAGRINS D'AMOUR"

 

Michel DEGUY 

  "IL Y A DONC DEUX CHAGRINS D'AMOUR"

Lu par Michel FAVORY 

Extrait tiré du recueil A ce qui n'en finit pas, Editions du Seuil, 1995

 

« Météore traçant de furieuses ellipses,

 

Impalpable entrechoc de mondes emboutis,

 

Cailloux jetés, poussiers, silex, micas et gypses,

 

Humoresques rumeurs, sanglots et sacristis

 

Emportés dans la pure avidité de dire

 

L’un comme l’autre et le tout à foison.

 

 

 

Devant nous s’ingéniant à pincer une lyre

 

En harmonique avec cadences de raison

 

Grave et gaie tour à tour dans la gorge moulue,

 

Ubéreuse des sucs de sa conjugaison

 

Y verse à la façon d’une muse goulue. »

 

Extrait de « Michel DEGUY » de Jean-Luc NANCY

 

 

 

« Ami fidèle, peut-être parce que Michel est fidèle à lui-même, ou peut-être parce qu’il est quelqu’un qui vénère le sentiment de l’amitié et sait être ami. » 

 

Extrait de « Le poète est poète, est poète, est poète » de Naciej NIEMIEC

 

Extraits choisis par Hélène BLESKINE

 

Prise de son, montage : Julien DOUMENC et Pierre HENRY

 

Réalisation : Michel SIDOROFF

 

Assistante à la réalisation : Laure-Hélène PLANCHET

LES AGACEMENTS D'UN COEUR

au magma present de l'ecriture,agacer,quotidien

 

LES AGACEMENTS D'UN COEUR

 

Sorti de la pénombre de l'oubli qui lacère,

Immergé au vif de sentiments aigus,

Le souhait mélancolique se dilate

En un nuage d’implacable éternité.

 

Il est impératif d'accéder à la compréhension,

Pour s'extirper de toutes ces épreuves fortes

Que seul l'ample mystère de l'amour soumet,

De ces agacements acidulés que le cœur autorise

A déployer dans l'émotion des êtres retrouvés,

Ainsi que dans la promenade ailée de visages épanouis,

Les souvenirs indésirables des réminiscences convoitées

Comme autant de pierres stables et bienvenues

Traversant un torrent de vie prestement franchi.

 

P. MILIQUE

23/04/2013

LUDOVIC JANVIER: "RESPIRER MIS A PART... RESPIRER MIS A PART", "SUR QUEL MOI DANSER"

 

LUDOVIC JANVIER

"RESPIRER MIS A PART... RESPIRER MIS A PART"

"SUR QUEL MOI DANSER"

 

Respirer mis à part… respirer mis à part

Poème de Ludovic JANVIER

Lu par Antoine FORMICA

Extrait de Une poignée de monde, Gallimard, 2006

 

Suivi de

 

Sur quel moi danser, extrait

Poème de Ludovic JANVIER

Lu par Grégory GADEBOIS
Extrait de La mer à boire, Gallimard, 1987

 

Ludovic Janvier, d’ascendance haïtienne et française, est né à Paris en 1934. Il y vit depuis le plus clair de son temps. L’envie d’écrire est chez lui très ancienne, remontant à l’adolescence. Le parcours public commence par une réflexion sur le Nouveau Roman (Une parole exigeante, 1964) et surtout deux essais consacrés à l’œuvre de Samuel Beckett (Pour Samuel Beckett, 1966, et Beckett par lui-même, 1969) avec lequel il traduit de l’anglais D’un ouvrage abandonné (1967) et Watt (1968). En somme, une lente préface à la vie d’écrivain.

 

C’est avec La Baigneuse, roman (1968), qu’il s’engage tout à fait dans l’écriture de la parole. S’ensuivront deux fictions cruciales : Naissance et Monstre, va. Puis son goût pour l’écart et sa passion de l’instantané le conduisent vers le poème (La mer à boire, Doucement avec l’ange, Une poignée de monde) et la nouvelle (Brèves d’amour), deux formes plus fidèles à la vitesse de l’émotion.

 

À partir de là, conscient d’écrire pour la voix et de situer son travail hors les genres, il continue son va-et-vient entre prose et poésie. Avec pour mot d’ordre cette poignée de vers :

 

 

Respirer mis à part

le plus clair de ta vie

passe à chercher les mots

qui diront comme ils peuvent

le plus clair de ta vie

respirer mis à part

 

 

Poèmes choisis par Sophie NAULEAU

Prise de son, montage: Serge RISTIC, Manon HOUSSIN

Assistant à la réalisation: Guy PEYRAMANCE

Réalisation: Marguerite GATEAU

CHRONIQUE DE PHILIPPE MEYER : 18.04.2013

 

CHRONIQUE DE PHILIPPE MEYER 

18.04.2013

LOURDE DE CHAGRIN

au magma present de l'ecriture,

 

LOURDE DE CHAGRIN

 

Dans la mémoire fatiguée et lourde de chagrin

Murmure ce disparu tant aimé qui hante ses nuits.

 

C'est un conditionnement psychologique aride

Qui ne porte pas à une lucidité de nature

A coordonner avec efficacité de quelconques initiatives.

 

Au centre tourmenté d'une dense vie quotidienne

Prise en tenaille entre l'angoisse et la dépression,

Il confie ses torturantes craintes au grand vent de la plaine

Qui n'a jamais prétendu dévoiler la part de mystère

Contenue dans la réponse à la question qui l'obsède.

Dans sa mémoire fatiguée et lourde de chagrin

Murmure ce disparu tant aimé qui hante ses nuits

Et oppresse son esprit délabré à force de manquer de soleil.

 

P. MILIQUE

22/04/2013

LUDOVIC JANVIER: "NEGRO SPIRITUEL"

 

LUDOVIC JANVIER

"NEGRO SPIRITUEL"

 

Lu par Hervé PIERRE

Extrait de La mer à boire, Gallimard, 1987.

 

Lu par Clément HERVIEU-LEGER

Extrait de La mer à boire, Gallimard, 1987

 

Ludovic Janvier, d’ascendance haïtienne et française, est né à Paris en 1934. Il y vit depuis le plus clair de son temps. L’envie d’écrire est chez lui très ancienne, remontant à l’adolescence. Le parcours public commence par une réflexion sur le Nouveau Roman (Une parole exigeante, 1964) et surtout deux essais consacrés à l’œuvre de Samuel Beckett (Pour Samuel Beckett, 1966, et Beckett par lui-même, 1969) avec lequel il traduit de l’anglais D’un ouvrage abandonné (1967) et Watt (1968). En somme, une lente préface à la vie d’écrivain.

 

C’est avec La Baigneuse, roman (1968), qu’il s’engage tout à fait dans l’écriture de la parole. S’ensuivront deux fictions cruciales : Naissance et Monstre, va. Puis son goût pour l’écart et sa passion de l’instantané le conduisent vers le poème (La mer à boire, Doucement avec l’ange, Une poignée de monde) et la nouvelle (Brèves d’amour), deux formes plus fidèles à la vitesse de l’émotion.

 

À partir de là, conscient d’écrire pour la voix et de situer son travail hors les genres, il continue son va-et-vient entre prose et poésie. Avec pour mot d’ordre cette poignée de vers :

 

 

Respirer mis à part

le plus clair de ta vie

passe à chercher les mots

qui diront comme ils peuvent

le plus clair de ta vie

respirer mis à part

 

 

Poèmes choisis par Sophie NAULEAU

Prise de son, montage: Serge RISTIC, Manon HOUSSIN

Assistant à la réalisation: Guy PEYRAMANCE

Réalisation: Marguerite GATEAU

CHRONIQUE DE PHILIPPE MEYER : 17.04.2013

 

CHRONIQUE DE PHILIPPE MEYER 

17.04.2013

LA CHAIR ÉCORCHÉE

au magma present de l'ecriture,frédéric nevchehirlian,

 

LA CHAIR ÉCORCHÉE

 

 

Le compte à rebours a commencé, mortellement épuisant.

 

L'individu n'est pas injuste parce qu'il a décidé de l'être,

Simplement il le devient parce qu'il a besoin de l'être.

 

Alors, il retrouve le chemin acéré de sa mémoire:

Ce n'est pas un endroit de chimères et de fantasmes

Où l'intime serait dépouillé de toute singularité,

Plutôt un couloir de somnambules séparés par d'intolérables distances

Au cœur même d'un espace occupé par des éclats de banal.

 

Il lui faut agir de manière quasi organique

Avec de petits espace-temps saturés de quotidien

Tourner autour de l'émotion avec pudeur.

 

Il s'agit là d'un engagement qu'il perçoit vital

Et le place abruptement face à des responsabilités.

Elles lui sont signifiées d'un regard stupéfait par le genre humain

Qui ravive l'encore exacerbé d'un fléau d'inquiétude.

 

Désormais le temps n'est plus rempli que de remords

A ne plus voir la chair écorchée pour atténuer ses tourments

Comme autant d'abris pour les marges extérieures.

 

P. MILIQUE

21/04/2013

LUDOVIC JANVIER: "TENTATIVE"

 

LUDOVIC JANVIER

"TENTATIVE"

 

Lu par Clément HERVIEU-LEGER

Extrait de La mer à boire

Gallimard, 1987

 


 

Ludovic Janvier, d’ascendance haïtienne et française, est né à Paris en 1934. Il y vit depuis le plus clair de son temps. L’envie d’écrire est chez lui très ancienne, remontant à l’adolescence. Le parcours public commence par une réflexion sur le Nouveau Roman (Une parole exigeante, 1964) et surtout deux essais consacrés à l’œuvre de Samuel Beckett (Pour Samuel Beckett, 1966, et Beckett par lui-même, 1969) avec lequel il traduit de l’anglais D’un ouvrage abandonné (1967) et Watt (1968). En somme, une lente préface à la vie d’écrivain.

 

C’est avec La Baigneuse, roman (1968), qu’il s’engage tout à fait dans l’écriture de la parole. S’ensuivront deux fictions cruciales : Naissance et Monstre, va. Puis son goût pour l’écart et sa passion de l’instantané le conduisent vers le poème (La mer à boire, Doucement avec l’ange, Une poignée de monde) et la nouvelle (Brèves d’amour), deux formes plus fidèles à la vitesse de l’émotion.

 

À partir de là, conscient d’écrire pour la voix et de situer son travail hors les genres, il continue son va-et-vient entre prose et poésie. Avec pour mot d’ordre cette poignée de vers :

 

 

 

Respirer mis à part

 

le plus clair de ta vie

 

passe à chercher les mots

 

qui diront comme ils peuvent

 

le plus clair de ta vie

 

respirer mis à part

 

 

 

Poèmes choisis par Sophie NAULEAU

 

Prise de son, montage: Serge RISTIC, Manon HOUSSIN

 

Assistant à la réalisation: Guy PEYRAMANCE

 

Réalisation: Marguerite GATEAU