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25/03/2017

TÉNÉBREUSE MÉLANCOLIE

au magma présent de l'écriture,

 

TÉNÉBREUSE MÉLANCOLIE



A l'aube de la connaissance
Il n'y avait pas de blessures.

Cependant, l'univers humain est tel
Que sous les strates de la mémoire
S'affaire sans discontinuer l'envahissant passé.

Alors, là où se pose le regard il fait nuit
Et du tréfonds opacifié des ténèbres
La détresse, têtue, grave ses jours tristes.

P. MILIQUE

24/03/2017

SÉCHERESSE

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SÉCHERESSE



Tous ces mots pour dire que je manque de mots.
Il en est ainsi: je m'éprouve vide et sec de mots.
Je voudrais être capable d'écrire un long texte,
Fleurant l'amour et l'exquis avant même d'être lu.

Frappé de nombreux doutes et d'un strict blocage,
J'acquiers la confirmation de mon incapacité à dire.
Je me brise la tête contre l'insoumission des phrases,
Insatisfait déjà de ce que je ne saurai que mal dire.

Il est bien possible que j'attende trop de moi.
Cela instille un mal grandissant en mes veines,
Un mal à la hauteur de la déception engendrée.
Et cela m'est douloureux, forcément douloureux,
Parce que des mots exacts, j'en ai plein l'esprit,
(Même si, il faut le dire, ce sont souvent les mêmes)

Je n'ai plus qu'à arpenter une discrète modestie.
Afin que nul ne s'irrite de mon silence prolongé.

P. MILIQUE

23/03/2017

LE RIRE CLAQUE COMME UNE GIFLE...

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LE RIRE CLAQUE COMME UNE GIFLE...


Le rire claque comme une gifle...
Et relègue tous mes codes si rigidement définis
Au rang d'accessoires désuets.

Je suis homme de soleil et de nuit.
Je suis homme limité,
Repoussant aveuglément l'échéance
Au-delà des bornes du possible
Sans jamais atteindre les lieux extrêmes de l'excès.
Oscillation perpétuelle entre ombre et lumière.
Refus et embrasement.
Avec la capacité quand même
De percevoir à nouveau l'amitié du temps.

Le rire claque comme une gifle...
Dans l'impalpable hésitation de l'absence.
C'est toujours une souffrance sans nom
Que de vivre dans l'appréhension de ses faiblesses,
De chercher des étincelles entre les mots
Dans l'irrémédiable conscience de leurs mystères.
Et croire en leur pouvoir total
Au moment où ils favorisent l'irruption du merveilleux,
Et qu'ils deviennent simplement colporteurs de bonheur,
Diffuseurs d'embrasements
Dans l'évidence d'un feu qui couve sous la glace,
Le regard fixé sur la ligne céruléenne de ma rêverie.

Le rire claque comme une gifle...
Et c'est la décomposition progressive
D'un destin pourtant librement assumé.
Le poids de la déchéance me prive
Des délices jouissifs du repentir.
Ma difficulté d'être séjourne dans un vide central,
Parangon de mes ombres d'antan,
Et je sombre dans le drame prédateur de mes illusions
Au sein de mon désespoir,
Dans l'impossible reconquête
Des paradis de l'enfance et de l'innocence perdues.

Le rire claque comme une gifle...
Brûlure incroyablement douloureuse.

 

P. MILIQUE

22/03/2017

A L’INFINITIF

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A L’INFINITIF

 

Rester une fois encore à l’écoute de la nuit qui tombe

Flâner, en marche pour l’insaisissable

Tenter de se soustraire à la brutalité du monde

Se révolter avec la délicatesse d’un espoir insensé.

 

Irradier de tout son éclat les noires interrogations

Arpenter des territoires à la fois charnels et invisibles

Se dresser face à l’absurdité dominante

Changer le cours vertigineux de la passion.

 

Déchiffrer les ténèbres jusqu’à la démesure

Explorer avec obstination d’autres intérieurs,

Fragmenter les rêves, trop souvent réducteurs

Regretter amèrement les espoirs déchus.

 

Perturber avec sérénité la trop parfaite harmonie

Soigner au-dedans pour ne pas être vu

Se reconnaître malgré l’obscurité

S’abolir dans la conscience douloureuse d’une chape d’amertume.

Avoir le sentiment poignant d’une présence illusoire

Dériver prostré sur un lac d’impressions étranges

Obéir aux tourbillons sensoriels

Partager le malaise des forces obscures.

 

Neutraliser les contraires d’un monde disparate

Détester la beauté, surtout si elle est silencieuse,

Escamoter les lieux aux apparences fuyantes

Traverser la démesure ravageuse du sublime.

 

Aimer les tourments, les envolées émotionnelles,

Disperser les lignes de rupture au-delà des zones plus que lointaines

Mettre en évidence la présence potentielle des possibles

Se désespérer au quotidien dans une solitude tendue à l’extrême.

 

Être aux prises avec ses propres déchirements

Avoir, illuminé, des fulgurances surréalistes

Se faire voler la vie par inattention

Proférer tranquillement de misérables mensonges.

 

Respirer intimement, tout en pudeur,

Initier une troublante rencontre au seuil d’horizons magiques

Chercher d’instinct de la douceur dans le souvenir prégnant de la tendresse,

Se sentir aspiré par le tourbillon impétueux des eaux troubles.

 

Avoir des exigences démesurées

Faire passer la vie dans les mots

Relier, avec application, tous les fils ténus

Se préserver des effets pervers d’une mémoire seulement désireuse d’oubli

 

Maintenir l’ombre de l’absent dans l’ombre de l’absence

Observer que les morts aimés ne meurent jamais.

Comment échapper à la pesanteur des mots ,

A leur rugosité dérangeantes?

 

Avec beaucoup d’inconscience, j’ai entr’ouvert l’armoire des mots

Pour les utiliser avec beaucoup d’humilité.

Les voilà maintenant jetés en pâture

Ils s’abîment déjà et crissent sous les pieds agressifs

D’un temps qui passe au plus près d’une ombre défaillante.

Celle, obsédante, du miracle précaire de l’écriture.

 

P. MILIQUE

DEMAIN

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DEMAIN

 

Il veut n’avoir plus froid un jour.

 

Il veut se révolter contre cet enlisement

Qui le met sous la menace d’une immobilité définitive.

 

Il veut ne vivre que dans l’instant ce demain qui existe peut-être.

 

Il veut savoir vivre à nouveau de son plein gré.

 

 

P. MILIQUE

 

21/03/2017

SUR LE TERREAU ASSÉCHÉ

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SUR LE TERREAU ASSÉCHÉ

 

Aux turbulences d’une vie prodigieusement bouleversée,

Le voilà parti à la poursuite d’autres ombres,

A rechercher encore le sens possible de l’existence.

 

Avec peut-être à l’esprit de trouver une réponse

Au boursouflé de ses proches angoisses,

Il descend, marques d’une finitude qui se précise,

Dans les bas-fonds de la nature humaine.

 

Décor minéral aux aléas de son propre destin

Sur le terreau asséché de ses années enfuies,

Il décide de son orientation définitive

Assisté de l’énergie vitale spécifique aux désespérés.

 

Sous le trop-plein d’une violente lucidité,

L’expérience de la perte et de la déréliction

Déserte la cohorte, torture au crépuscule

De ces rugissements entre vide et vertige,

Qui entérinent l’instabilité et la métamorphose perpétuelle.

 

P.MILIQUE

20/03/2017

HORS LA VIE

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HORS LA VIE

 

La lumière chaude d'un après-midi

Teinte d'or les mornes collines alentour.

 

Son errance n'est qu'un long chemin

Jusqu'à l'univers inconnu des attentes sans fin

Où s'ouvrent les portes amères d'un monde nouveau

En complet décalage avec l'humanité indigeste.

 

Là, malgré l'exagéré détachement affiché,

L'ambiance est électrique à force d'être hors la vie

Et, à lire l'inquiétude qui assombrit les visages,

Il s'applique à proférer des paroles riches et rassurantes

Pour contrer cette implacable résignation qui exacerbe

Les perspectives aiguës de peurs et de dégoûts.

 

P. MILIQUE

18/03/2017

PASSÉ A VENIR

au magma présent de l'écriture,

 

PASSÉ A VENIR



Nous ne comprenons guère des autres,
A part que parfois, ils semblent ne vivre,
Que dans un passé aux parfums d'essentiel.

Il reste que si ce passé précis embaume peu,
Force est de constater qu'il est tout de même
Le seul temps rationnel a réellement exister!

Le présent qui nous occupe ne vit donc que de son substrat!
Quant à ce qui n'est pas encore, qui peut conjecturer quoi?

P. MILIQUE

16/03/2017

MAIS AVEC QUEL DÉGOUT

au magma présent de l'écriture,

 

MAIS AVEC QUEL DÉGOUT



C'est un univers tout à fait incohérent,
Une atmosphère lourde et difficilement descriptible.
Dans celui-ci, comme derrière tout masque authentique,
S'exprime sans retenue l'intransigeante part de doute
Et les égarements dangereux inhérents à toute pensée.

Il possède, par devers lui, quantité de forces insoupçonnables.
Des forces susceptibles de dynamiter les certitudes cumulées.
Il arrive de percevoir parfois quelques stridences de douleurs
Sur son visage brûlant secoué d'irrépressibles tremblements.

On le comprends dès lors niché au cœur d'un désastre général.
De lui peut surgir, à tout moment, d'inopinés éclats de violence
Dans l'agitation terrifiante d'éléments devenus incontrôlables,
De lourds nuages noirâtres pleurent une épaisse pluie de sang
Tandis que de terrorisantes comètes zèbrent sa conscience,
Éclairant son tréfonds d'une blafarde lueur de fin du monde.

Là, il trouvera la force de renaître à la vie, mais avec quel dégoût!


P. MILIQUE

15/03/2017

LA MUSIQUE DES MOTS

au magma présent de l'écriture,

 

LA MUSIQUE DES MOTS



Qu'il est bon de vous lire et doux de vous entendre,
De ressentir en son tréfonds l'émotion s'exacerber.
On écoute sonner vos mots comme on lit la musique,
On en ressent puissamment l'inspiration mélodique.

L'intensité évocatrice véhiculée par la musique des mots
Compose l'invraisemblable concerto, centre de référence.
Le texte se révèle pénétrant lui aussi, émouvant d'absolu
Au cœur de ces néophytes pour qui l'univers de l'exprimé
Met à disposition le sas protecteur d'un refuge bienfaisant.

Ces mots choisis décidés qui attirent et émeuvent tout autant
Parviennent en certaines occasions à provoquer le trouble
Tout comme savent le faire l'exaltation et la ferveur parfois.

Ces mots qui déclenchent dès l'impact
L'impérieux désir d'en savoir davantage.
Ces mots qui abolissent la solitude installée
Pour la restituer plus misanthrope encore.
Quelquefois, au détour d'un éclat de lucidité
Ils instillent désenchantements et déceptions.

Tout cela n'est pas très clair, alambiqué même,
Expression maladroite d'une pensée troublée,
Complexifiée par de paresseuses arabesques
Face à l'avidité profuse de faire juste simple.


P. MILIQUE

14/03/2017

ÎLE INCONNUE

au magma présent de l'écriture,

 

ÎLE INCONNUE



C'est une île inconnue cependant connue de tous,
Mais peu tombent d'accord sur sa géographie réelle,
Tant là où résonne l'amour n'est peut-être qu'utopie.

Mon imaginaire ne disposant que d'un horizon restreint,
Sa seule localisation évoquée, aussi peu crédible soit-elle,
Ne peut être que maritime, abyssale ou encore céleste,
Selon les croyances intimes conférées au jaillissement.

Est-il vraiment un endroit aussi peu approprié à une île?
Certains affirment sans ambages l'avoir déjà déterminée.
Qu'ils sachent, ces imprudents, que je les plaindrais presque.

Se rendent-ils compte à quel point leur vie va se compliquer
A force de ne jamais parvenir à joindre la chimère proposée?

Un probable traumatisme est à venir sur un mode durable
Si on veut bien considérer que le plus éprouvant avec l'éternité,
Est qu'elle n'envisage jamais de durer autrement que toujours!


P. MILIQUE

13/03/2017

AU SANG DU RÉEL

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AU SANG DU RÉEL

 

A la faveur d'un accès de perception aigüe

Saisi entre l'incommensurable et l'intime,

Il plonge dans un univers aux couleurs sombres

Qui offre à l'interprétation le champ inépuisable

Dans lequel s'articule alors de confuses sensations.

 

Le voilà entrainé comme un radeau balloté par la tourmente,

Par le cadre instable d'un contenu à filer entre soi et soi

Au sang d'un réel qui disloque plus encore les moments forts

De ces ravages dénoncés qui déchirent son sommeil.

 

Désormais, en ces périodes majeures du temps de tâtonnements

Empreintes d'un vif assentiment à confirmer ce qui est,

Se dilate en lui tout l'indissociable d'une histoire personnelle.

 

P. MILIQUE