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14/07/2013

DAMIEN SAEZ: "PUTAINS VOUS M'AUREZ PLUS"

 

DAMIEN SAEZ

"PUTAINS VOUS M'AUREZ PLUS"

MARCELINE DESBORDES VALMORE: "LA COURONNE EFFEUILLEE"

 

 MARCELINE DESBORDES VALMORE

"LA COURONNE EFFEUILLEE"

LU PAR

AUGUSTE VERTU

 

J'irai, j'irai porter ma couronne effeuillée
Au jardin de mon père où revit toute fleur ;
J'y répandrai longtemps mon âme agenouillée :
Mon père a des secrets pour vaincre la douleur.

J'irai, j'irai lui dire au moins avec mes larmes :
" Regardez, j'ai souffert... " Il me regardera,
Et sous mes jours changés, sous mes pâleurs sans charmes,
Parce qu'il est mon père, il me reconnaîtra.

Il dira: " C'est donc vous, chère âme désolée ;
La terre manque-t-elle à vos pas égarés ?
Chère âme, je suis Dieu : ne soyez plus troublée ;
Voici votre maison, voici mon coeur, entrez ! "

Ô clémence! Ô douceur! Ô saint refuge ! Ô Père !
Votre enfant qui pleurait, vous l'avez entendu !
Je vous obtiens déjà, puisque je vous espère
Et que vous possédez tout ce que j'ai perdu.

Vous ne rejetez pas la fleur qui n'est plus belle ;
Ce crime de la terre au ciel est pardonné.
Vous ne maudirez pas votre enfant infidèle,
Non d'avoir rien vendu, mais d'avoir tout donné.

CONCISIONS FRAGMENTAIRES 25

concision fragmentaire.jpg

 

Femme parfois rêveuse et romantique
Tout autant spontanée et pleine de passions,
Tu sais occuper le vide d'une vision neuve
Et réactiver l'essentiel appétit à t'inventer,
Sur fond tendu d'infini fébrile et impatient,
Un nouvel absolu d'une impitoyable beauté.
 
P. MILIQUE

SILVIA PLATH "LES MOTS" SUIVI DE "EXTREMITE"

 

SILVIA PLATH 

"LES MOTS"

SUIVI DE

"EXTREMITE"

Lu par Claude MATHIEU

 

Poème extrait du recueil Ariel (Gallimard 2009)

Traduction de l'anglais par Valérie Rouzeau

13/07/2013

MANICHÉISME SIMPLIFICATEUR

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MANICHÉISME  SIMPLIFICATEUR

 

C'est un parcours jalonné d'une multitude de désordres

Rappelant sans détours le destin qui accable chaque homme.

 

Ce serait toutefois commettre une grossière erreur

Que de considérer le tintamarre outrancier de certains bonimenteurs

Tournant cyniquement en dérision le désarroi des derniers utopistes.

 

Ce sont de ces voix qui laissent accroire qu'elles font autorité

Dans l'exposition rémanente de tristesses et de résurrections,

Tout comme dans la mise en évidence et l'ostentation visible

D'un monde édulcoré d'où peu à peu l'homme s'exclut.

 

La responsabilité du choix est importante qui met en relief

Le manichéisme simplificateur vite désigné coupable

De masquer une réalité que l'on sait de plus en plus terne

Afin de réveiller chez quelques-uns, le goût impérieux de la révolte.

 

P.  MILIQUE

SILVIA PLATH: "MEDUSE"

 

SILVIA PLATH

"MEDUSE"

Lu par Claude MATHIEU

 

Poème extrait du recueil Ariel (Gallimard 2009)

Traduction de l'anglais par Valérie Rouzeau

12/07/2013

LEO FERRE: "NI DIEU NI MAÎTRE"

 

LEO FERRE

"NI DIEU NI MAÎTRE"

"Et si vraiment Dieu existait, il faudrait s'en débarasser!" (Bakounine)

Extraits du DVD de Léo Ferré "Sur la scène" (1972/1973)

SA VIE

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SA  VIE

 

Sa vie :

C’est un ciel de noirs et menaçants malheurs

Habité de rêves fracassés et de confiance trahie,

Une succession continue de mouvements aussi désordonnés qu' incohérents,

Une douteuse abstraction que l’on ne peut qu’effleurer

Et encore n'est-ce que parfois, jusqu’au vertige, jusqu’au silence,

Un échantillon capiteux qui offre l’amère saveur d’un décalage constant,

Une outrance peu recommandable qui porte le grondement sauvage

De l’évidence inévitable du conflit inscrit à l'à-venir,

Qui niche en son sein l'âcre indifférence des rancœurs fatiguées.

 

Il refuse cela:

Alors il s’invente un itinéraire singulier aux traces invisibles,

Il se métamorphose esprit enragé, hanté, lunaire,

Débordant sans retenue la colère nécessaire et vitale,

Qui saura l'alléger des forces obscures de cette incohérence.

 

Il rejette violemment les normes contraignantes et sécurisantes

Tout en s’obligeant à débusquer en lui la part d’intolérance,

Faite d'appréciation parasitée et contradictoire du monde,

Pour se tenir, toujours, sur la pointe acérée du paradoxe,

Pour aussi ne pouvoir être suspecté de cette complaisance

Qui existe fréquemment dans la gravité et la mortification.

 

A cause de cela, il claudique bas en son refuge intérieur;

Juste à percevoir, dans l’éclat d’une évidence jusqu’alors obscur,

Cette vie qui s’organise lentement, pour, dans et contre le vide

Afin de n'être seulement troublée que par les coïncidences.

 

Il est des désespoirs qui restent à jamais secrets

Et, sauf à savoir forcer la banquise de la douleur,

Il y a cet accomplissement qui propose un chemin solitaire.

Il s’esquive alors là où s'enfièvre le murmure lumineux

Dans la brillance si belle de ce Soleil Absolu qui a su amarré

Son ancre tranquille et  rassurante à cristalliser le désordre.

 

P. MILIQUE

SILVIA PLATH "A LA BOUGIE"

 

SILVIA PLATH

"A LA BOUGIE"

Lu par Claude MATHIEU

 

Poème extrait du recueil ARBRES D'HIVER (Gallimard, 2009)

Traduction de l'anglais par FRANCOISE MORVAN

11/07/2013

LEO FERRE: "LE CHIEN"

 

LEO FERRE

"LE CHIEN"

 

Recital Au Theatre Des Champs Elysees de Leo Ferre.

ARROGANTE MÉDIOCRITÉ

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ARROGANTE MÉDIOCRITÉ

 

Il lui est mortifiant de s'éprouver ainsi tel qu'il est vraiment:

Sans grande intelligence, dénué de l'indispensable générosité,

Consterné par son manque de culture et de profondeur de pensée.

 
 

Le constat qui l'affirme étriqué dans son arrogante médiocrité le consterne

Tant il le définit à l'exact opposé de celui qu'il aime à se persuader être...

 

P.  MILIQUE

LA PARISIENNE LIBEREE : "LE FOL AEROPORT DE NOTRE DAMES DES LANDES"

 

LA PARISIENNE LIBEREE 

"LE FOL AEROPORT DE NOTRE DAMES DES LANDES"

Paroles et musique : la Parisienne Libérée


[citation F. Hollande]

Le projet ambitieux dans les années soixante
D’un Concorde radieux, d’une industrie qui chante
Le projet innovant des années soixante-dix
Il faut dorénavant que chacun atterrisse

Le projet oublié des années quatre-vingt
Le pétrole a flambé tout ça ne sert plus à rien
Le vingtième siècle est mort, plus personne ne demande
Le fol Aéroport de Notre Dame des Landes

Quand soudain par magie, le monstre est ranimé
Le Grand Hub a surgi prêt à tout bétonner
Adieu les salamandres, le bocage va fermer
Ya du terrain à prendre et de l’argent à gagner,

Le kérosène est cher, promis ce sera le dernier
Mais comme pour l’EPR, pas question de renoncer
On sait bien qu’on a tort mais il faut qu’on défende
Le fol Aéroport de Notre Dame des Landes

[Citation P. Lapouze]

Ya juste quelques centaines de caïds surarmés
Ya juste un hélico et un petit peu de fumée
Deux lignes de camions blancs, une ronde de camions bleus
Et partout dans les champs des vaches qui ne font pas meuh (bis)

L’a fallu enterrer quelques tritons crêtés
Mais pour monsieur le prefet tout s’est très bien passé
Une action héroïque en milieu difficile
Des noms énigmatiques, une poésie hostile :
Le Liminbout, le Tertre, le Sabot, la Vache rit
La Saulce, les Planchettes, Bel air, le Pré failly,
L’Isolette, la Gaîté, le Phare, la Chèvrerie,
La Bellich’, les Rosiers, la Cabane, la Sècherie…

Ya juste quelques centaines de caïds surarmés
Ya juste un hélico et un petit peu de fumée
Deux lignes de camions blancs, une ronde de camions bleus
Et partout dans les champs des vaches qui ne font pas meuh (bis)

C’est une concertation d’un genre déconcertant
Et pour la transition, ça transit bizarrement
Oignons contre lacrymos, chacun son style de bottes
Jusqu’au dernier poireau, jusqu’à l’ultime carotte
Tout est mondialisé cependant jusqu’ici
Y’a pas de curé nantais en vente au duty free
Non tout n’est pas perdu, c’est pas dit qu’on se rende
Au fol Aéroport de Notre Dame des Landes

Ya juste quelques centaines de caïds surarmés
Ya juste un hélico et un petit peu de fumée
Deux lignes de camions blancs, une ronde de camions bleus
Et partout dans les champs des vaches qui ne font pas meuh (bis)