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31/07/2013

YVES BOMMENEL: "MA DECHIRURE"

 

YVES BOMMENEL

"MA DECHIRURE"

 


Comme une angoisse de la petite enfance
Ou était-ce là déjà bien avant
Le souvenir d'un malaise adolescent
Une mélancolie cyclique qui revient me hanter
Oublier le silence, oublier les absences, oublier...
Un rêve agité qui vire à l'effroi
La fièvre qui couve
Une réelle souffrance sans trop savoir pourquoi
Finalement étais-ce toi ?
Ou moi ?
Ou les autres...
L'indicible
La face obscure de ma psyché
L 'inconscient torturé
Les crocs qui creusent les viscères
La peur tapie dans l'ombre
Jamais ne s'efface
La fracture identitaire
Le trouble lancinant
Les symptômes
Taire sa détresse
Faire corps avec sa douleur
Se définir à travers elle, à travers toi, à travers moi
Se savoir toujours vaincu
Fatalement
Guetter la claque, l'hiver qui vient
Mourir lentement dans le doute sans aucune certitude
Et rester debout malgré tout.

RÊVERIE

au magma present de l'ecritur,

 

RÊVERIE

 

Il me plaît de rester volontairement solitaire

Dans l’embrasure vive du temps qui passe,

Et de m’abandonner sans plus de retenue

Aux délices d’une rêverie résolument irresponsable.

 

Je trace ma propre trajectoire

Grâce à l’inadéquation fondamentale

D’une profonde flânerie dans l’imaginaire,

Attentif au sifflement du vent,

Curieux du spectacle continu des nuages.

 

Toujours différent le spectacle !

 

P.  MILIQUE

30/07/2013

LA BOÎTE A LETTRES: ALBERT CAMUS "A UN APPELE FRANCAIS"

 

LA BOÎTE A LETTRES

ALBERT CAMUS

"A UN APPELE FRANCAIS"

© Musée des Lettres et Manuscrits)

 

Monsieur

Si j’ai pu sans le savoir vous aider où vous êtes, ce sera peu dire que j’en suis heureux. Ce qui vous retient en Algérie, c’est ce qui pèse sur mes journées, qui m’a retranché définitivement d’une société intellectuelle prête à toutes les démissions et qui m’a fait choisir enfin une retraite provisoire. Je ne me sens pas seul pour autant. Car je n’ai jamais mieux senti mes liens avec notre malheureux pays et avec tous ceux qui comment vous, témoignent qu’il n’a pas été édifié seulement sur l’injustice ou le verbiage, quelques qu’aient été ses torts et ses erreurs.

J’hésitais à vous écrire, sachant qu’il me serait difficile de vous dire par lettre tout ce qui m’angoisse. Mais j’ai pensé que je devais vous dire au moins que contrairement à beaucoup d’intellectuels français, je vous suis reconnaissant, à vous et à vos camarades, d’être en Algérie et d’y défendre les miens ( les nôtres) en évitant le pire. Je vous dirai le reste quand je vous verrai car je suis sûr aussi de vous rencontrer. Je reste à votre disposition en tout cas pour cette rencontre et aussi pour tout ce que vous pouvez désirer. Et en vous remerciant de tout cœur, je vous serre la main chaleureusement. Veillez sur vous

Albert Camus

FAITES VOUS-MÊME VOTRE MALHEUR "QUATRE FACONS DE JOUER AVEC LE PASSE"

 

FAITES VOUS-MÊME VOTRE MALHEUR  

  "QUATRE FACONS DE JOUER AVEC LE PASSE"

 

Chaque jour, Jackie Berroyer lit un petit bout de "Faites vous-même votre malheur", et "Comment réussir à échouer", deux textes parodiques de Paul Watzlawick .

 

© Seuil

© Seuil

"Apprivoiser son malheur est le premier pas vers la joie : le célèbre psychologue Paul Watzlawick, fondateur de l’École de Palo Alto, nous apprend pas à pas à nous réconcilier avec nos névroses les plus banales. Cette étude à l’humour railleur, sous forme de manuel parodique, s’appuie sur des exemples littéraires, philosophiques et historiques. Et révèle au lecteur qu’il tient le bonheur entre ses mains."

- Présentation de l'éditeur -

CHANSON BOUM! : "ORLANDO LE TRIO"

 

CHANSON BOUM! 

"ORLANDO LE TRIO"

 

 

 

Orlando Le trio © Orlando Le Trio

Une jolie émission de fin d'année avec un trio de trois chanteurs musiciens, les Orlando, des chansons drôles d'autres qui le sont moins,Orlando c'est Christelle Boizante, Aida Sanchez, Frederic Marchand.

C'est délicat ou violent, ça bouge...ça ravigotte sans être bête.

 

L’INDIFFÉRENCE

au magma present de l'ecriture

 

L’INDIFFÉRENCE

 

C'est une erreur de la nature,

En équilibre instable et dérisoire

Sur le fil tendu de l'obscur désastre.

 

De là-haut, il observe

Avec un mépris dédaigneux et ostentatoire,

Le point fixe et douloureux

De plaisirs malfaisants et mortellement tristes,

Jusqu'à se complaire avec effronterie

Dans l'évocation confuse et probable

D'une rupture de communication

Qui lui procurera, délicieuse,

L'euphorie démesurée de l'indifférence.

 

L'indifférence, concentré orgasmique d'insolence!

 

P. MILIQUE

29/07/2013

YVES BOMMENEL: "RASPOUTINE"

 

YVES BOMMENEL

"RASPOUTINE"

 

Lichen qui prospère sur une forêt fantôme, insectes xylophages cheminant dans un dédale de galeries gourmandes, troncs moussus en putréfaction, longs bois du cerf couronnant son crâne blanchi par l'averse et le gel, bouviers recyclant les étrons, râle des corneilles et bruissement des ailes du grand tétras, champignons véreux dégustés par une armée de limaces, vent qui siffle dans la sombre canopée, craquement des branches, échos des râles et des amours, brumes odorantes, déplacements furtifs des proies et des chasseurs, carcasses dévorées par des myriades d'asticots affamés, charognards invisibles et terriers profonds, tapis d'aiguilles, feuilles mortes en humus, tumulus des racines enchevêtrées, empreintes de sabots, griffes ou plumes, bauge des sangliers, mouches et moucherons...

Les intrigues du palais semblent irréelles en ces lieux désertés par l'homme. Les lourds volumes des chroniques de l'histoire ne sont que cellulose exsangue de chlorophylle, cimetières sauvages dans la bruine de l'automne.

CHANSON BOUM! : "LA CARAVANE POETIQUE DES LO'JO"

 

EN CLIN D'OEIL AMICAL A DENIS PEAN, CE POETO-TROUBADOUR CONTEMPORAIN QUI QUI, JE LE SAIS, ME FAIT LE PLAISIR DE PASSER PAEFOIS EN CE LIEU....

 

CHANSON BOUM! 

"LA CARAVANE POETIQUE DES LO'JO"

 

 

Quinze ans que les Lo' Jo, groupe angevin, proménent  leur tribu prophétique sur les routes de France et puis d'ailleurs.

A l'occasion d'un nouvel album "cinema el mundo", Denis Péan l'inspirateur des mots chez les Lo'jo vient nous entrouvrir son carnet de bord...  

Leur album "cinema el mundo" sort chez Harmonia mundi

 

FAITES VOUS-MÊME VOTRE MALHEUR "AVANT TOUT SOIS LOYAL AVEC TOI-MÊME"

 

 FAITES VOUS-MÊME VOTRE MALHEUR

  "AVANT TOUT SOIS LOYAL AVEC TOI-MÊME"

 

Chaque jour, Jackie Berroyer lit un petit bout de "Faites vous-même votre malheur", et "Comment réussir à échouer", deux textes parodiques de Paul Watzlawick .

 

© Seuil

© Seuil

"Apprivoiser son malheur est le premier pas vers la joie : le célèbre psychologue Paul Watzlawick, fondateur de l’École de Palo Alto, nous apprend pas à pas à nous réconcilier avec nos névroses les plus banales. Cette étude à l’humour railleur, sous forme de manuel parodique, s’appuie sur des exemples littéraires, philosophiques et historiques. Et révèle au lecteur qu’il tient le bonheur entre ses mains."

- Présentation de l'éditeur -

 

28/07/2013

APOLLINAIRE POÈME

 

APOLLINAIRE

POÈME

 

"Marie" Poème lue par l'auteur Guillaume Apollinaire. Il parut en octobre 1912 dans la revue littéraire et artistique "Soirées de Paris".


Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

YVES BOMMENEL: "DOMMAGES COLLATERAUX"

 

YVES BOMMENEL

"DOMMAGES COLLATERAUX"

 

J’ai perdu mes illusions sous la cendre d’Hiroshima,
J’ai perdu le sens de l’humour dans les scories de Buchenwald,
J’ai perdu ma bonne humeur sur les marches du S-21,
J’ai perdu la face devant le siège de Sarajevo,
J’ai perdu la tête place de la Concorde,
J’ai perdu le Nord à Wounded Knee,
J’ai perdu les pédales dans les Aurès,
J’ai perdu mon calme pour Soweto,
J’ai perdu la foi en Argentine,
J’ai perdu connaissance à Guernica,
J’ai perdu mon âme au Ruanda,
J’ai perdu pied en Sibérie,

et…

J’ai couru à perdre haleine,
Je me suis perdu en conjectures,
J’ai perdu complètement mes moyens,
Joué à qui perd gagne, mais c’était peine perdue :

L’horreur n’est qu’une perte sèche.

INTERVIEW D'ALLAIN LEPREST: 2003

 

INTERVIEW D'ALLAIN LEPREST

2003

 

Claude Nougaro et Jean Ferrat disaient d'Allain Leprest qu'il était l'un des plus grands poètes français. Auteur, compositeur disparu en 2011, Leprest a écrit des chansons d'une beauté saisissante. Alors qu'il était de passage en Suisse en 2003, il a accordé à Philippe Nicolet une interview de 70 minutes où se retrouve, dans tous ses mots, sa pleine dimension de poète.