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19/02/2012

QUELQUES POEMES VENUS DE SYRIE: "VISION"

Le HuffPost a pris connaissance d'une série de poésies écrites dans un français remarquable, par une Syrienne qui a réussi à les faire parvenir en France. Nous lui conservons bien entendu son anonymat pour des raisons évidentes. Ce sont ces poèmes, d'une force poignante, qui sont reproduits ici 



Vision

Dans un carré de ciel
Epris de soubresauts
Et de battements d’ailes
Une nuée d’oiseaux
Virevoltaient suivant
Leur hardi chef de file
Comme enivrés de vent
Et de valses graciles,
J’ai cru apercevoir
Des lettres le contour :
Dans le ciel écritoire
Dessinant tour à tour
Consonnes et voyelles
Un mot, une étincelle !
A l’heure du crépuscule
Au flanc de l’horizon
Aux regards incrédules
Ils écrivaient ton nom :
LIBERTE !

NAUFRAGE

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NAUFRAGE

 

L'image du plus bel amour n'est plus,

Rendu invisible par le tumulte lourd d'une vie,

Incapable de douceur dans l'accablant désert

Qui vient d'assécher durablement son cœur.

 

Des caractères à fleur de nerfs se heurtent au fragment,

Et se blessent au mortel d'un silence qui s'installe...

 

Les voies empruntées n'étaient pas vraiment pures

Pas plus qu'uniques vérités d'ailleurs .

Désormais, il s'engloutit dans ce présent

Qui, éreinté, vient de faire naufrage:

Il n'est pas impossible qu'il en crève!

 

P. MILIQUE

18/02/2012

QUELQUES POEMES VENUS DE SYRIE "CHARADE"

Le HuffPost a pris connaissance d'une série de poésies écrites dans un français remarquable, par une Syrienne qui a réussi à les faire parvenir en France. Nous lui conservons bien entendu son anonymat pour des raisons évidentes. Ce sont ces poèmes, d'une force poignante, qui sont reproduits ici.  


Charade


Une charade sans scrupules
Comme en guise d’épitaphe
Pour un monstre, une crapule,
Apparenté aux girafes …

Il était un militaire
Qui n’allait pas au combat,
Et pratiquait l’arbitraire,
Le mensonge, les coups bas,

Il était un escogriffe
Avec une voix de geignard
Aiguisant ses longues griffes
De rapace, de charognard,

Un grand dadais tout sourires
-de la foule la risée-
Cachant ses crocs de vampire
Sous des airs civilisés,

Un président de fortune,
Faisant à la Loi outrage
Puisqu’il avait reçu une
République en héritage !

(A son despote de père
Au Châtiment condamné
Des millions font UNE prière :
« Que son âme soit damnée ! »)

Summum de l’absurdité :
Pour des réformes il s’engage !
Et frappé de surdité
Quand le peuple crie : DEGAGE !

Et toutes les marionnettes
D’une Assemblée de fantoches
Applaudissent, même quand il pète !
(lui qui mérite des taloches !)

Le combe du ridicule
Pour un « ophtalmo-docteur » :
Porter des œillères de mule,
Etre un aveugle du cœur !!

RESONANCE INFINIE

SOLEIL.jpeg

 

 

RESONANCE INFINIE

 

 

Sommes-nous donc destinés aux destins chaotiques?

 

Un jour les lumières se font un peu hésitantes,

La clarté se couvre d'ombres saumâtres

Donnant à la vie une dimension douloureuse.

 

Les liens humains essentiels ne sont plus que ruptures

Et nous précipitent avec la régularité d'un métronome

Dans une suite ininterrompue d'interrogations.

 

Et l'on se retrouve irrémédiablement projetés

Dans les affres fielleux du mal-être ordinaire.

 

Et pourquoi cela?

 

La plupart des mystères ont pour vocation

De n'être jamais vraiment résolus, mais l'on sait,

Que le temps venu du désenchantement ultime

Est parfois promesse d'aube enchantée.

Une sorte de porte ouverte sur le futur.

 

Alors, il devient urgent d'aimer la vie.

Et, plus encore, à continuer d'aimer aimer

Pour que résonne jusqu'à toujours

Le rire-cascade, le rire-cristal

Qui, enthousiaste, fait briller le soleil.

 

P. MILIQUE

17/02/2012

QUELQUES POEMES VENUS DE SYRIE: "AUX TROMPETTES DU REGIME"

Le HuffPost a pris connaissance d'une série de poésies écrites dans un français remarquable, par une Syrienne qui a réussi à les faire parvenir en France. Nous lui conservons bien entendu son anonymat pour des raisons évidentes. Ce sont ces poèmes, d'une force poignante, qui sont reproduits ici.  


AUX TROMPETTES DU REGIME


Aux trompettes du régime
Ces paroles sont vouées
Quelques phrases, quelques rimes
Pour mieux les désavouer
Ceux qui aboient qui s'escriment
A proférer des mensonges
Pour mieux justifier les crimes
Sans que la honte ne les ronge !
Tous ces zélés, tous ces sbires
En cynisme se répandent
Ils méritent à vrai dire
Que par leurs langues on les pende !
Des flagorneries infâmes
Vitupèrent à foison
Ils invectivent, proclament
Leur haine, leur déraison
Mais gardez donc vos œillères
Comme les bovins et les mules !
Gardez donc vos muselières
Couvrez-vous de ridicule !
Je vomis vos diatribes
Votre servile allégeance
Et condamne de bribe en bribe
Votre abjecte complaisance
Je vomis l'opportunisme
Qui vous aveugle le cœur
Je dénigre votre égoïsme
Trompettes, fieffés menteurs !
Et ne venez pas me dire
Qu'ils sont contraints et forcés
De falsifier leurs dires
Leurs calomnies annoncées :
Car la dignité des hommes
Passe aussi par le silence
Si l'on ne peut pas en somme
Clamer tout haut ce qu'on pense
Aux trompettes du régime
Ces paroles sont vouées
Quelques phrases, quelques rimes
Mon mépris est avoué

16/02/2012

QUELQUES POEMES VENUS DE SYRIE: "HAMA"

Le HuffPost a pris connaissance d'une série de poésies écrites dans un français remarquable, par une Syrienne qui a réussi à les faire parvenir en France. Nous lui conservons bien entendu son anonymat pour des raisons évidentes. Ce sont ces poèmes, d'une force poignante, qui sont reproduits ici.  



Hama

Il est une petite ville dormant dans la vallée
Aux portes du désert sous des cieux constellés...
Où les bras des norias charrient l'eau de l'Oronte
Et crient LIBERTE sans pudeur et sans honte !
Les chantres exhortent des hommes la générosité
La rudesse, la bravoure et la témérité...
On dirait que le Temps s'est arrêté au seuil
De cette ville fière, tenace comme un écueil...

Ses rues sont cicatrices et ses quartiers balafres
Sous la mitraille un jour sont tombés dans les affres
D'une rare barbarie....depuis ses piliers tremblent
Afin qu'à tout jamais elle serve d'exemple
A mater les révoltes dans la haine et le sang !
Pour une poignée de frondeurs combien d'innocents
Ont payé de leur vie aux pouvoirs arbitraires...
« et si ce n'est pas toi, c'est sûrement ton frère »
Les tyrans de ces terres ainsi se justifient
Pour donner libre cours aux lames de leurs faucilles...
-l'on dit que ses enfants jurent devant l'Eternel
De téter la vengeance dans le lait maternel...-

Mais tant que les norias gémiront des complaintes
Leurs litanies auront les accents de ma voix...
Et tant que s'empliront de fiel les coloquintes
Cette chanson d'amour, je la dirai pour toi....

LE CADRAN SOLAIRE

CADRAN SOLAIRE.jpeg

 

 

LE CADRAN SOLAIRE

 

 

Sur un vieux cadran solaire, cette devise :

 

Il est plus tard que vous ne croyez !

 

 

Et pourtant, il est déjà bien tard semble-t-il !

 

Malgré la vie qui se consomme,

 

Qui se consume de toutes ses passions.

 

Sans aucune modération.

 

Mais..

 

Il y a l'enchaînement fatal,

 

L'effritement tragique,

 

La réalité rigoureuse et imposante

 

De proximité d'un vieillissement inquiétant.

 

 

Au moins n'aura-t-il jamais existé l'angoisse de ne pas savoir !

 

 

Il a toujours cru pour sa part

 

A la malveillance acharnée du destin.

 

A cause de cela, arrive fatalement le moment,

 

Où il devient vital de mettre un terme à cette mascarade.

 

De s'arracher violemment de l'histoire pour,

 

Si possible, investir l'imaginaire.

 

En épouser les possibles en se dotant de certitudes...

 

 

Des yeux indéchiffrables posent sur le monde

 

Un regard dépourvu d'avenir.

 

Avec pour seul lien, mais il est intime,

 

Un soleil noir qui brûle l'enfer.

 

Un enfer à la beauté parfaitement dépouillée

 

Qui rend le périple indolore,

 

Et soulage la désespérance en réveillant les ombres.

 

 

Les apparences sont irréfutables.

 

Il est déjà bien tard, mais :

 

Il est plus tard que vous ne croyez !

 

 

P. MILIQUE

 

15/02/2012

QUELQUES POEMES VENUS DE SYRIE: "Oum al Chahid"

Le HuffPost a pris connaissance d'une série de poésies écrites dans un français remarquable, par une Syrienne qui a réussi à les faire parvenir en France. Nous lui conservons bien entendu son anonymat pour des raisons évidentes. Ce sont ces poèmes, d'une force poignante, qui sont reproduits ici. 


Oum al Chahid

Elle a lentement replié
En deux son tapis de prière
O Dieu des cieux et la terre :
« Comment pourrai-je l’oublier ? »
Sur son visage résigné
Coulent les larmes d’amertume
Si le désarroi la consume
La décence y est consignée…
Et puis voilà que ses mains tremblent
Prise d’un sursaut de conscience
Puisque l’attente et l’espérance
Jamais plus ne seront ensemble…
Et son regard fier et docile
Brille d’un chagrin immuable
Mais dans son cœur inconsolable
Le deuil a élu domicile…

« ô mon tout petit, mon enfant,
Toi de mon regard la lumière,
N’ai-je vécu au fil des ans
Que pour te voir porté en terre ?

ô si j’avais pu retrancher
De mes années pour que tu vives !
Te les offrir et m’épancher,
D’émoi tant que les jours se suivent…

Je déroule de ta jeunesse
Des souvenirs qui fleuriront….
Je te sens presque en mon giron
Comme bien avant que tu ne naisses…

Et je garderai la fraîcheur,
Emouvante de ton sourire,
Même en l’immaculée blancheur,
De ton suaire de martyr…

Source qui jamais ne tarit
Ton âme pure nous protège,
Elle accompagne le cortège
Des hommes morts pour la patrie…

Tu as dans l’élan de fierté
Sacrifié ta vie trop brève,
Afin que le combat s’achève
Sur l’autel de la LIBERTE !

Repose en paix au firmament,
Béni sois-tu dans mes prières…
Il n’ya que les sanguinaires
Pour brûler le cœur des mamans…. »


EN MARGE DES REALITES

ENCHANTEUR.jpeg

 

 

EN MARGE DES REALITES

 

Le monde va très vite et développe trop de superficialités

Mettant ainsi en place la lourdeur d’un quotidien

Au fumet par trop mortifiant pour les irrésolus.

 

La colère gronde et s’amplifie à l’envi

De manques de respect et de crachats mesquins.

 

Dans le chemin touffus en marge des réalités,

Seules les belles rencontres savent encore offrir de la joie.

 

Doit-on qualifier de magique et d’intemporel,

Cette merveilleuse liberté que donne soudain

L’impression radieuse que tout redevient cadeau

Au beau d’un esprit ouvert comme rarement?

 

Dans l’ondulé vibrant des rêves qui habitent

Certains de ses souvenirs chauds et caressants,

Il reste l’incrédulité d’enfin reconnaître

L’énigme de tout cet enchanteur qu’il perçoit

A l’insidieux certain de ne l’avoir jamais vu.

 

P. MILIQUE

14/02/2012

QUELQUES POEMES VENUS DE SYRIE: "Le courage a un visage".

Le HuffPost a pris connaissance d'une série de poésies écrites dans un français remarquable, par une Syrienne qui a réussi à les faire parvenir en France. Nous lui conservons bien entendu son anonymat pour des raisons évidentes. Ce sont ces poèmes, d'une force poignante, qui sont reproduits ici. 


LE COURAGE A UN VISAGE

Dans un accablant silence
Voir un peuple qui se meurt
Dans une froide indifférence
Lui seul porte sa douleur
Comme le Christ sa croix
Regardez le cheminer
Un chant tonne dans sa voix
Il avance, obstiné
Torse nu vers la mitraille
Le front haut, le regard fier
Dans l’inégale bataille
Il est digne, téméraire
Il va forger son destin
Arracher sa liberté
Comme les doigts d’une main
Il clame son unité
A tout jamais le COURAGE
Altier, vaillant, aérien
Devrait porter un visage :
Celui du peuple SYRIEN

FOG

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FOG

 

Jours tourmentés de brumes intérieures,

Expérience déstabilisante.

 

Seule la souffrance psychique

Permet d’explorer au tréfonds

Des exaltations humaines.

 

P. MILIQUE

13/02/2012

QUELQUES POEMES VENUS DE SYRIE: À ma terre meurtrie

Le HuffPost a pris connaissance d'une série de poésies écrites dans un français remarquable, par une Syrienne qui a réussi à les faire parvenir en France. Nous lui conservons bien entendu son anonymat pour des raisons évidentes. Ce sont ces poèmes, d'une force poignante, qui sont reproduits ici.

 

 

À ma terre meurtrie

À ma terre meurtrie de sang et de souffrances
Berceau d’Humanité, berceau de mon enfance
Pour que cesse l’horreur des combats et des armes
Je dédie mes mots, ma révolte, mes larmes….

D’avoir ployé longtemps sous le poids du silence,
D’avoir courbé le dos sous le joug des violences,
D’avoir tremblé longtemps dans l’effroi, la terreur
Nous avons tous grandi à l’ombre de la peur…

Pour avoir réprimé dans la honte notre orgueil,
Ravalé l’amour-propre, de nos droits fait le deuil,
Refoulé la colère quand nos gorges se nouent
Nous avons enterré la dignité en nous….

Dignité retrouvée ! O rêve d’espérance !
C’est bien dans la douleur qu’a lieu ta renaissance !
N’est-il de liberté qu’au prix de barbaries ?
Et n’est-il de justice acquise sans tyrannie ?

Par le rouge des flots qui coule dans nos veines,
Et par la fulgurance des révoltes soudaines,
Par la force du peuple qui relève le front
Qui se relève enfin pour essuyer l’affront :

J’en appelle à l’amour qui fleurit dans nos cœurs
J’en appelle aux rivières de sanglots et de pleurs
J’en appelle à ces voix qui scandent levant la paume
A celles qui psalmodient des versets ou des psaumes
J’en appelle au printemps, à l’odeur du jasmin
Pour que la LIBERTE éclaire ton chemin ….
SYRIE !