12/10/2013
PARCE QUE...
PARCE QUE...
Parce que l'invraisemblable est parfois cri évident
Parce qu'il y a des sentiments que l'on ne maîtrise pas
Parce qu'il est des êtres qui ont froid au bonheur.
Parce qu'à force de fausses notes les lendemains ne savent plus chanter juste
Parce que des mots trop incertains font douter les certitudes têtues
Parce que la vie doit être mémoire brûlante mais aussi amnésie.
Parce qu'il reste, au fil du temps, suspendu au prodige de la rencontre
Parce qu'au-delà de l' insignifiance qui le caractérise,
Elle sait, en mots choisis, lui faire croire qu'il existe enfin.
Parce qu'à l'aune de tout cela qui est Elle,
Il l’accueille près de lui, magnifiquement responsable.
Il peut désormais envisager le jusqu'alors impensable...
Balbutier d'encre des phrases qui parlent !
P. MILIQUE
01:00 Publié dans GOUTTES d'ÂME | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : au magma présent de l'écriture, garce, invraisemblable, crier, évidence, sentiment, maîtriser, avoir froid, bonheur, à force, fausse note, lendemain, savoir, chanter juste, motivé, incertain, faire douter, certitude, têtu, vie, mémoire, brûlant, amnésie, rester, au fil du temps, suspendu, prodige, rencontre, insignifiance, au-delà, caractéristique, mots choisis, faire croire, dieu existe, à l'aune, zccueillir près de lui, magnifique, responsable, désormais, envisager, impensable, balbutier, encre, phrase, parler
09/10/2013
BONHEUR URGENT
BONHEUR URGENT
Il sait qu'elle se perd dans un voyage intérieur
Aux prolongements irrémédiables et privés.
Il sait qu'elle se brise et s'affaiblit dans d'interminables insomnies.
Parce qu'il y a un trop plein de tout.
Trop plein de souffrances, trop plein d'espérances déçues.
Alors chaque nuit la laisse meurtrie, ensanglantée du dedans.
Sa sensibilité extrême est une source de terribles douleurs. Inacceptables...
Bien sûr qu'elle émeut par sa fragilité.
Mais elle bouleverse aussi par la force qui est la sienne,
Dans sa recherche forcenée d'une oasis de douceur,
Au milieu des troubles et des tourments qui font le quotidien.
(A SUIVRE...)
P. MILIQUE
09:12 Publié dans GOUTTES d'ÂME | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : au magma present de l'ecriture, bonheur, urgence, savoir, se perdre, voyage intérieur, intérioriser, prolongement, irrémédiable, privé, priver, briser, affaiblir, interminables, insomnie, plénitude, souffrance, éspérance, décevoir, déception, meurtrir, ensanglanter, sensibilité, sensibiliser, extrême, source, terrible, douleur, inaccptable, émouvoir, fragiliser, fragilité, bouleverser, forcené, oasis, douceur, milieu, trouble, tourment, roger chapman, faction, fraction, quotidien
07/10/2013
DANS LES COULISSES D'UN RÊVE
DANS LES COULISSES D'UN RÊVE
Dans les coulisses d'un rêve
Est tapie l'alchimie singulière
Qui mêle en une grande ronde festive
Les complicités touchantes et les admirations pudiques,
Les souvenirs marquants et les enthousiasmes fougueux.
Dans les sinueuses coulisses d'un rêve
S'élève la certitude que l'amour n'a pas d'âge,
Séduit qu'il est par la vision enchanteresse
D'une beauté sentencieuse pleine de délicatesse,
D'une fine silhouette a l'allure gracieuse, lumineuse aussi.
Rien ne saurait être plus beau qu'un sourire rencontré
Dans les galeries exubérantes d'un rêve resté inédit.
P. MILIQUE
09:12 Publié dans GOUTTES d'ÂME | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : au magma present de l'ecriture, coulisses, rêve, tapi, alchimie, sinularité, singulier, mêler, grand, rond, rondeur, festif, complicité, touchant, admiration, pudique, souvenir, marquer, marquant, enthousiasme, fougueux, sinueux, élever, certitude, amour, âge, séduire, vision, enchanteresse, diablesse, beauté, sentencieux, plénitude, délicatesse, fin, finesse, silhouette, allure, gracieux, lumineux, savoir, sourire, rencontre, galerie, exubérant, esubérence, rester, inédit
01/10/2013
CHRONIQUE DE PHILIPPE MEYER: 11/09/2013
CHRONIQUE DE PHILIPPE MEYER
11/09/2013
13:02 Publié dans GOUTTES d'ÂME | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : au magma présent de l'écriture, philippe meyer, privatiser, tentative, amour, avenir, savoir, jacques brel, falsifier, avertir, duodénum, amoureux, défaite, entrée, feuille morte, au petit jour, prénom, prochain, capture, murmure, étang, fleuve, prison, baiser, chemin, carrefour, bonheur, guerre, affreux, prière, pleurer, vainqueur, martinet, férocité, règne, chaîne, velours, tendresse, faiblesse, navire, ennemi, partir ensemble, pêcher, mélodie, mélopée
21/09/2013
TOMBENT LES MASQUES 2
A l'attention des multiples lecteurs qui arpentent, à juste titre il va de soi, ce lieu modeste certes mais, reconnaissez-le, pas loin d'être génial, cette histoire qui va débuter là sous vos yeux va être fractionnée -- confort de lecture oblige -- en autant d'épisodes qu'il sera nécessaire.
Il suffira donc aux autres, tout aussi nombreux, qui la prendront en cours de narration, de remonter (si cela leur dit mais comment en douter) le fil du temps récent pour en identifier le fil géniteur...
TOMBENT LES MASQUES
2
Au premier abord, cela se dérobe à toute compréhension.
Mais à fouiller un peu plus le ressac vertigineux des signes...
Il lui a bien fallu un jour tailler dans le vif des controverses,
Pointer du doigt les désaccords et les incohérences flagrantes,
Ne pas s’accrocher plus qu’il ne faut à des émotions passées
Pas plus que sanctifier davantage des bonheurs obsolètes,
Ne pas subir l’ennui majuscule d’un exceptionnel devenu banal.
Un jour tombent les masques de ce qu’il avait cru savoir nommer,
Ce qui installe d’emblée une désespérante sensation de frustration
Tant le malentendu éprouvé est réel et l’histoire mouvementée.
Il n’en peut plus de ces modifications successives,
De cette suite ininterrompue de décalages obscènes,
De ce silence qui au fur et à mesure s’épaissit davantage,
De ces inexorables dégradations qui encombrent le cœur
Et l’insupportable répétition de leurs symptômes avérés.
Marre de cette lamentable parodie d’harmonie illusoire
Et de toute cette médiocrité ordinaire aux effets négatifs
Fondues dans l’intermittence de paradoxes amplifiés.
(A SUIVRE)
P. MILIQUE
09:03 Publié dans GOUTTES d'ÂME, NOUVELLES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : au magma present de l'ecriture, premier abord, dérober, compréhension, fouiller, ressac, vertigineux, signe, un jour, tailler dans le vif, controverses, pointer du doigt, désaccord, incohérence, flagrance, s'accrocher, émotion, passer, sanctifier, aventure, bonheur, obsolete, subir, ennui, majuscule, exceptionnel, devenir, ba, al, le jour tombe, croire, savoir, nommer, installer d'emblée, désespérant, sensation, frustration, malentendu, éprouver, réel, histoire, movementé, modification, succession, suite, ininterrompu, décaage, obscène, silence, au fur et à mesure
20/09/2013
TOMBENT LES MASQUES 1
TOMBENT LES MASQUES
1
Cela claque tel un coup de tonnerre dans un ciel bleu.
Soudain s’affiche, aveuglant, la prise de conscience
D’un désamour cinglant rejeté aux berges acérées,
Assujettie à la stridence d’un cri trop longtemps refoulé.
L’amour n’est plus, il le sait, seulement son reflet trouble.
Maintenant que l’inespéré bonheur s’affiche désintégré,
Quelle relation entretenir encore dans l’ourlet noir du cœur ?
Avoir mis tout ce temps pour parvenir à pareille conclusion
Relève sans nul doute d’une incommensurable naïveté,
D’une cécité cérébrale au plus proche de l’exacerbé,
D’un parti pris trop tôt résigné face aux choses de la vie,
D’une inconséquence grave doublée d’atterrante candeur.
(A SUIVRE)
P. MILIQUE
09:55 Publié dans GOUTTES d'ÂME, NOUVELLES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : u magma present de l'ecriture, tomber, masque, tomber le masque, claquer, couperet, tonnerre, ciel bleu, afficher, aveugler, prise de conscience, désamour, cinlant, cingler, berge, acéré, assujettir, stridence, cri, longtemps, refoulé, amour, savoir, reflet, trouble, inespéré, bonheur, désintégré, relation, entretenir, ourlet, noir, coeur, mettre du temps, parvenir, pareil, conclusion, relever, nul doute, incommensurable, na£iveté, cécité, cérébral, proche, exacerbé, parti pris, tôt ou tard, résigné, chose de la vie
07/09/2013
LE TEMPS DE L’ÉCRIT DURE
LE TEMPS DE L’ÉCRIT DURE
Il faut savoir prendre son temps!
Le crayon est un formidable outil pour gratter l’instant, un outil au charme à la fois désuet et ensorcelant. Il découpe des strates dans l’épaisseur du temps et y dépose à chaque fois une lumière différente.
C’est une onde émotionnelle intense lorsque sur la page vagabonde la plume.
Quand les mots coulent ainsi de la plume avec aisance, il suffit de se laisser porter par le murmure souterrain d’une conscience indispensable à corriger l’ingratitude oublieuse de la mémoire, pour accoster à ces moments-là d’extrême densité.
Et dans une symphonie de mots simples ou complexes, en tout cas envoûtants, dire l’immensité des toujours et des jamais pareils. Dire des histoires sombres et lumineuses et d’autres magnifiques et douloureuses.
Tout n’est pas si rudimentaire cependant.
Parfois l’écriture est hâtive, trop, ce qui la rend maladroite et approximative. Elle peut, à utiliser les mots sans discernement, à exagérer les calembours calamiteux et les métaphores acrobatiques, à célébrer sans cesse d’insupportables trouvailles narcissiques, délivrer des textes aussi navrants qu’inconsistants. Et avoir, enfin, le plus grand mal à dissimuler la médiocrité de l’ensemble.
(A SUIVRE....)
P. MILIQUE
09:17 Publié dans GOUTTES d'ÂME | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : au magma present de l'ecriture, temps, écriture, durer, dur, savoir, prendre son temps, crayon, formidable, outil, gratter, l'instant, charme, foie, désuet, ensorcelant, découper, strates, épaisseur, déposer, lumière, différent, onde, émotionnel, intense, page, vagabond, plume, mots, coulée, aisance, plumier, suffir, laisser faire, se laisser porter, murmure, souterrain, conscience, indispensable, corriger, ingratitude, oublieuse, mémoire, accoster, moment, extrême, densité, symphonie, simplicité, complexe
12/08/2013
A FAIRE SAIGNER LE BLEU DU CIEL
A FAIRE SAIGNER LE BLEU DU CIEL
L'intention du suicide est la conséquence d'une histoire personnelle.
D'un état de grand délabrement psychique. Ou physique. Ou les deux.
Pour n'avoir jamais été doué pour le bonheur et,
Parce que les jours implacables se font noirs autour de moi,
Je m'enfonce dans l'évidence du tourment.
Dans le désordre spectaculaire.
Le chaos soudain devient la règle.
Je me retrouve projeté, protagoniste majeur, dans un étrange cauchemar
Troué d'images rouges et noires.
En vieillissant je le sait bien,
On aspire quelquefois à extraire l'essence de soi-même.
Et à s'approcher d'une flamme en une volonté libératrice.
Pour être certain de disparaître dans l'embrasement final
De ce qu'on n'a jamais su être.
Acte ultime et définitif d'une non-existence.
La question maladive et obsédante de certains est de savoir
S'il existe une vie après la mort.
Mais, sommes-nous simplement sûrs qu'il y en ait une avant ?
Moi-même, si je me sens à l'instant tragiquement dépourvu,
Sais que son univers n'est pas vide.
Je connais les sources les plus secrètement dissimulées
De ses vagabondages toujours recommencés.
Parce que je croit que j écrit !
C'est ma souffrance secrète, présente, inaudible, indéchiffrable.
Je suis un montreur de mots qui brouille les images.
Au quotidien, je fréquente ce lieu de forte lumière intérieure.
Un espace de création personnelle, terre sublime et misérable,
Où se racontent le désespoir et le désarroi d'un homme
Qui se heurte à l'ancestrale brûlure du mystère.
Tous mes écrits sont dans la noirceur absolue,
Sans chaleur aucune, sans aucun avenir.
Ils sont la douleur d'une écriture qui se dégrade dans la solitude.
Jusqu'à la brisure.
Je possède en moi l'art l'art morbide de faire saigner le bleu du ciel,
Un ciel saturé de cris et de fureurs
Que rien ne sauvera jamais de l'oubli ni de l'indifférence.
Une écriture tendue, abrupte, torrentielle,
Arrachée aux entrailles d'une lucidité impitoyable.
Comme j'aimerais, dans une effervescence de tous les instants,
Savoir dire le charme énigmatique de certains mots transparents, cristallins et fugaces !
Posséder, même un peu seulement, la magie impérieuse de quelques mots mystérieux.
Refuser de céder aux tentations pourtant bien séduisantes de la facilité,
Et rester définitivement exigeant, intransigeant sur le choix des mots.
Connaître enfin le scintillant tourbillon de pensées que je saurait mettre en forme.
Comme des traits vivants, traits de plume, traits d'esprit.
Composer un véritable opéra des soupirs et de la solitude,
Avec la mélancolie peut-être, d'un désaccord avec moi,
Et savoir dire toute la tristesse du monde. Tous les soleils aussi.
Tout cela sans hâte, sans dissonance.
Par simple plaisir de la lenteur. Et de la précipitation.
Mais je sais aussi que les drames les plus crépusculaires
S'accordent de fait aux fastes les plus incongrus.
Et que tout est tout à fait perdu
Lorsque les perspectives quelles qu'elles soient, n'existent plus.
Alors, il me faut bien finir par m'affranchir de mes fantômes.
Aussi je cherche, avec une ferveur désespérée, la flamme libératrice.
Celle qui, au cœur vif de la terrifiante spirale,
Acceptera de m'embraser sans me poser de questions.
Dorénavant, je ne la cherche plus.
Je sait depuis peu que je l'ai trouvée.
Dehors est le soleil d'hiver, rond et pâle.
Et je m'y vois déjà !
P. MILIQUE
05:00 Publié dans GOUTTES d'ÂME | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : au magma present de l'ecriture, saigner, bleuet, ciel, intention, suicidaire, conséquence, histoire, persdonnel, étatique, délabrement, psychique, physique, doué, bonheur, journée, implacable, noir, s'enfoncer, évider, tourment, désordre, spectaculaire, chaos, devenir, règle, retrouver, projeter, protagoniste, majeur, étrange, cauchemar, trouer, image, rouge, vieillir, savoir, aspirer, extraire, essence, s'approcher, flamme, volonté, libérateur, disparaître, embrasement, fial, acte, ultime
01/08/2013
LE MIROIR SOCIÉTAL
LE MIROIR SOCIÉTAL
Il n'est pas besoin d'extirper ces épisodes-là de leurs mémoires!
Ils se sont toujours frottés à la dure réalité des choses
Initiatrices d'un intense sentiment de frustration
Et de l'inévitable inertie proposée par l'existence trop étroite.
Point n'est besoin de confesser leur mal-être
Ni l'obscénité de leurs ressources dérisoires.
La misère, ils la connaissent, ils vivent dedans
Malgré l'obstination avivée des tâches considérables
Effectuées par leurs mains habituées à bâtir le quotidien.
Bien qu'il sache ne pas trop aimer l'expérience d'être lucide,
Il n'hésite pas à défendre les droits outragés,
A s'insurger avec toujours plus de virulence
En dressant d'habités et bouleversants réquisitoires
Pour redonner un sens à un monde qui n'en a plus beaucoup.
Au reflet pénétrant du miroir sociétal,
Ainsi que dans l'approche de l’essentielle union des esprits,
Il est impératif que le cœur perde la mémoire du sang versé.
P. MILIQUE
05:54 Publié dans GOUTTES d'ÂME | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : au magma present de l'ecriture, miroir, sociétal, faire ses besoins, extirper, histoire, mémoire, frotter, durex, éalité, choses vues, initiateur, intense, sentiment de frustration, inévitable, inertie, proposer, existence, étroit, confesser, mal-être, obscénité, ressource, dérisoire, pisère, connaissance, vivre dehors, obstination, aviver, tâche considérable, effectuer, main, habituer, bâtir, quotidien, savoir, aimer, expérience, lucidité, hésiter, défense d'entrée, droit outragé, dresser, habiter, bouleverser, réquisitoire, redonner, sens, refléter, pénétration
26/07/2013
LA BOÎTE A LETTRES: Romain GARY "A CHRISTEL"
LA BOÎTE A LETTRES
Romain GARY
"A CHRISTEL"
(© Musée des Lettres et Manuscrits)
Nice 14 IV 38
Ma petite fille, douce, mauvaise, bonne, unique...
Je me sens si affreusement triste et seul, que ta lettre, au lieu de m'égayer, m'a fait presque mal, m'a rendu plus triste encore et j'ai envie de pleurer comme un idiot. Si seulement je pouvais savoir que tu es à moi, à moi seul, à moi, rien qu'à moi, des pieds à la tête, de tout ton corps que je vois, comme si tu étais là couchée prés de moi, comme si je le caressais encore, partout, fillette, partout, de mes lèvres, de mes dents, de mes doigts...
Christel, dix jours sont passés depuis que tu es partie et maintenant, peut-être, tu sais mieux tu vois mieux si vraiment tu es à moi, à moi seul, comprends-tu, si toi et moi, c'est vraiment ça ou si seulement, c'était autre chose...
Je sais que tu es égoïste et que tu m'aimes dans la mesure ou ça te fait plaisir, mais je voudrais savoir si c'est quelque chose de plus fort que toi, si tu peux, vraiment, tout quitter pour être à moi, ou s’il s’agit seulement de ce genre d’amour dérisoire et charmant auquel " il est agréable de céder de temps à autre" comme Goethe ne l’a pas écrit.
C'est très beau, Christel, le chocolat de luxe et avec moi, je le crains, il y aura fort peu de chocolat, fillette, et encore moins de luxe...
Christel, souviens-toi que les choses au monde que je respecte le plus sont l'honneur et la droiture, souviens toi que si je t'aime comme femme c'est aussi parce que je t'aime comme homme et qu'un de nos deux amours n'ira, jamais, pour moi, sans l'autre... Il est très difficile d'être un homme. Mais s'il y a quelque chose qui compte, dans la vie, s'il y a quelque chose de vraiment sacré, c'est ça : être un homme. C'est dans la mesure où tu le seras, où que tu t'efforceras de l'être (car c'est peut-être impossible) que tu seras toujours toute proche de, moi, même si des milliers de kilomètres nous séparent, c'est par cette volonté dure d'arriver à être un homme que tu seras toujours au sens le plus beau de ce mot, ma femme ...J'ai peur, Christel, que tu ne comprendras pas ces quelques mots qui ont pour moi une si grande importance. J'ai peur, aussi, que ces mots soient impossibles à comprendre, en ce moment, à Vienne...
Si je te les écris, c'est parce-que, désespérément, je cherche quelque chose qui pourrait te rapprocher de moi... Et rien, jamais, ni le mariage, ni l'amour ni les enfants ne te rapprocheront de moi plus que ça : l'effort d'être un homme. C'est par cet effort, par cette volonté dure, par cette aspiration à la dignité humaine, à la condition humaine, que ton sang, Christel, sera dans mon sang, ta pensée dans ma pensée, et ta main fillette, dans ma main. Il y a peut-être trop de grandes lettres, trop de majuscules, dans ce que je te dis là. Mais ce ne sont pas des grandes lettres, des grands mots : ce sont, de grands sentiments et il ne faut pas avoir honte. Et puis, nous sommes seuls, en ce moment, toi et moi, personne ne nous écoute, nous pouvons parler tranquillement. Il y a bien cette horrible musique... mais je te parlerai dans l'oreille... comme ça... Il faut vivre pour cela, Christel.
Il faut travailler, lutter pour cela. Il faut aimer pour cela. Je dis « aimer » et non pas « faire l'amour ». Je voudrais être cet amour et que cet amour pour moi t'aide dans l'effort. Mais peut-être trouveras-tu un autre homme, qui t'aide mieux, plus que moi. J'en serais heureux... quoique malheureux... En tout cas, Christel, n'oublie jamais cela : rejette loin de toi l'amour qui n'enrichit pas, qui ne t'aide pas à être, à devenir homme. Je serais tellement heureux si je pouvais t'aider ! Mais il faut d'abord voir clair en toi même. Ce que je te conseille la demande beaucoup, beaucoup plus de courage que tu ne le crois. Ça n'a rien à voir avec le plaisir, et presque rien avec le bonheur... en tout cas, pas pour les gens qui croient- les malheureux ! Que le bonheur, c'est seulement le maximum de plaisir. Le bonheur - mon bonheur- c'est un chemin très dur. Sur ce chemin, il n'y a pas Sachs, il n'y a pas Bincens, il n'y a pas Lilliebro - il n'y a personne. Il faut du courage pour marcher seule sur ce chemin là, mais je te propose de marcher à deux : avec moi. Je crois que tu seras capable, un jour, de marcher sur ce chemin. Je l'ai pensé, quand je t'ai vu marcher dans la montagne, pieds nus... te souviens-tu ? Dans quelques jours, je t'enverrai une photo : toi et moi sur ce chemin là... Oui... Ne t'étonne pas ! Il faut travailler, ma lointaine, il faut étudier, être seule, lutter, souffrir beaucoup, dans l'effort et mépriser les hommes qui envoient des chocolats de luxe... Mon Dieu, je suis bête. Je t'ennuie. Non, peut-être...je ne sais pas. Quelque fois, je doute, je pense que je ne serai pas entendu... tu es tellement blonde ! J'ai parlé beaucoup trop... et je n'ai pas envie de m'arrêter... j'ai envie de continuer... je suis un imbécile ! Mais un imbécile qui t'aime.
Romain
23:24 Publié dans GOUTTES d'ÂME | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : au magma present de l'ecriture, romain gary, christel, musée des lettres et manuscrits, nice, petite fille, doux, mauvais, bon, unique, se sentir, affreux, triste, esseulé, s'égayer, faire mal, rendre triste, envie de pleurer, idiot du village, pouvoir, savoir, pied, tête, corps, coucher, caresser, fillette, lèvres, dents, doigts, passer, partir, maintenir, comprendre, autre chose, égoïsme, aimer, mesurer, faire plaisir, plus fort que soi, tout quitter, amour, dérisoire, charmantagréable, céder, de temps à autre, goethe, écrire, chocolat, luxe
14/07/2013
CONCISIONS FRAGMENTAIRES 25
09:41 Publié dans GOUTTES d'ÂME | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : au magma present de l'ecriture, patrick milique, concir, fragmenter, féminin, rêveur, romantique, spontané, plénitude, passionner, savoir, occuper, vide, vider, videur, vision, visionner, neuf, réactiver, essentiel, appétit, inventer, fond, fondre, tendre, infinitif, fébrile, impatient, impatience, nouvel, absolu, imptoyable, beauté, parisianisme, rencontrer, débuter
09/07/2013
ILS ONT PENSE POUR NOUS 27
"L'émerveillement,
Loin de diminuer
Et de disparaître,
S'accroît avec le savoir.
Il le stimule,
L'accompagne
Et le couronne."
(Michael EDWARDS -- POETE)
09:10 Publié dans ILS ONT PENSE POUR NOUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : au magma present de l'ecriture, mots croisés, arnaud montebourg, germanophobe, grotesque, émerveillement, hostilité, ministre, loin, diminuer, disparaître, accroître, savoir, stimuler, dominer, libéral, conservateur, accompagner, courronner, augmentation de salaire, socialiste, relancer, croissance, zone euro